Grève aux urgences: Le gouvernement va débloquer 70 millions d'euros

SOCIAL 101 services sont en grève à travers la France

20 Minutes avec AFP

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Agnès Buzyn est ministre de la Santé depuis mai 2017.
Agnès Buzyn est ministre de la Santé depuis mai 2017. — Jacques Witt/SIPA

Après trois mois de grève dans les services d’urgences, le gouvernement répond. Le gouvernement va débloquer 70 millions d’euros de mesures immédiates pour tenter d’apaiser les personnels, a annoncé ce vendredi le ministère de la Santé à l’issue d’une réunion avec les représentants du secteur.

Une large part de ce montant (55 millions) sera consacrée à la généralisation et à la revalorisation d’une prime « de risque de 118 euros bruts (100 euros nets mensuels) », versée dès juillet « à tous les professionnels des services d’urgence (hors médecins) », soit 30.000 personnes, a précisé le ministère.

Réunion au ministère

Agnès Buzyn a en effet reçu ce vendredi matin au ministère de la Santé les médecins, infirmiers, syndicats et directeurs hospitaliers pour lancer la « mission nationale » annoncée la semaine dernière.

Une cinquantaine de participants ont été conviés, dont les cinq principaux syndicats des hôpitaux publics (CGT, FO, CFDT, SUD, Unsa), les trois grandes fédérations d’établissements (FHF, FHP, Fehap), l’Ordre des médecins et celui des infirmiers.

L’emblématique Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf) était également invité, ainsi que deux membres du collectif Inter-Urgences. Ce dernier est à l’origine du mouvement, parti de la capitale mi-mars, et qui n’a cessé de s’étendre depuis : selon cette coalition informelle, 101 services étaient en grève jeudi.

« L’heure n’est plus aux déclarations compassionnelles »

« L’idée c’est qu’on cherche ensemble des solutions pour améliorer le fonctionnement des urgences, parce qu’on voit bien qu’aujourd’hui elles sont totalement inadaptées aux besoins de la population », a affirmé Agnès Buzyn jeudi après une visite impromptue aux urgences d’un hôpital parisien au cours de la nuit.

Sur le terrain, les professionnels s’impatientent. « La situation va s’aggraver car si la réforme de la ministre porte les fruits annoncés, ce sera au mieux dans cinq ans ou plutôt dans dix ans », déplorent ainsi une dizaine de pontes de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) dans une tribune publiée ce vendredi dans Libération. « L’heure n’est plus aux déclarations compassionnelles », clament les médecins signataires, appelant notamment à « accroître les capacités d’accueil des unités de médecine polyvalente en aval des urgences ».

Buzyn promet une « stratégie d’ensemble »

Le conflit a franchi un palier fin mai, lorsque des soignants de Lons-le-Saunier (Jura) ont été réquisitionnés à leurs domiciles pour pallier l’absence de leurs collègues en arrêt maladie. Depuis, des équipes entières se sont fait porter pâles à Paris et à Bordeaux.

La semaine dernière, Agnès Buzyn avait tenté de désamorcer la crise en promettant une « stratégie d’ensemble » incluant la mission, ainsi que des primes pour les personnels et des crédits pour les travaux nécessaires. Des mesures aussitôt jugées « insuffisantes » par les professionnels concernés, qui réclament davantage d’effectifs et de lits d’hospitalisation pour désengorger les urgences.