Lévothyrox: L'absence de hausse de «problèmes graves» pour la nouvelle formule confirmée

ENQUETE L’analyse a fait suite à la vague de déclarations d’effets indésirables inexpliqués qui avait suivi l’introduction par le laboratoire Merck, au printemps 2017, de la nouvelle version du Levothyrox

20 Minutes avec AFP

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A lille, le 29 octobre 2017 - Illustration d'une boite de medicaments Levothyrox.
A lille, le 29 octobre 2017 - Illustration d'une boite de medicaments Levothyrox. — Gilles Durand / 20 Minutes

La nouvelle formule du Lévothyrox n’a pas provoqué de « problèmes de santé graves » ou plus d’hospitalisations, selon le rapport final d’une étude du ministère de la Santé, réalisée sur plus de deux millions de patients et publiée ce jeudi par l’Agence nationale de la santé et du médicament (ANSM).

Les résultats de cette étude de pharmaco-épidémiologie ont permis d’analyser le nombre de décès, d’hospitalisations et d’arrêts de travail d’au moins sept jours, ainsi que la consommation de médicaments entre avril et juin 2017 – à l’arrivée de la nouvelle formule – comparé à la période d’avril à juin 2016 pour les patients prenant l’ancienne formule (AF).

« Une nette augmentation » des consultations

L’analyse a fait suite à la vague de déclarations d’effets indésirables inexpliqués qui avait suivi l’introduction par le laboratoire Merck, au printemps 2017, de la nouvelle version du Lévothyrox, modifiant certains de ses excipients et destinée à apporter davantage de stabilité au produit. L’étude n’a pas mis en évidence d’augmentation de problèmes de santé graves (décès, hospitalisations, arrêts de travail…) ni de consommation de médicaments destinés à traiter des symptômes déclarés (antidouleurs, corticoïdes, antimigraineux, antivertigineux, antidiarrhéiques…) en lien avec le passage à la nouvelle formule (NF) du Lévothyrox en France.

En revanche, elle montre « une nette augmentation » des consultations équivalant à 360.000 consultations supplémentaires pour l’ensemble de la population traitée en France (quelque trois millions, majoritairement des femmes). A ces consultations, particulièrement de généralistes et d’endocrinologues, concentrées sur la période d’août à octobre 2017, s’ajoute une hausse relative de l’utilisation de certains médicaments comme les benzodiazépines (pris généralement pour dormir ou contre l’anxiété).

Des alternatives au Lévothyrox depuis 2017

Dans l’étude, le risque de décès ne différait pas statistiquement entre les deux groupes « 6.355 dans le groupe NF – nouvelle formule (0,6 %) et 6.387 dans le groupe AF – ancienne formule (0,6 %) ». Les résultats complémentaires confirment les résultats principaux qui ne sont pas en faveur d’une toxicité propre de la nouvelle formule (NF) du Lévothyrox, relève le docteur Rosemary Dray-Spira, épidémiologiste, co-auteure du rapport.

Des analyses complémentaires concernent le groupe de patients (18 %) qui ont arrêté la NF fin 2017 pour prendre un autre médicament. « Chez eux non plus, il n’y a pas eu plus d’hospitalisation », remarque Rosemary Dray-Spira. A partir d’octobre 2017, des alternatives (L-Thyroxin Henning, Thyrofix, Tcap) au Lévothyrox, sont devenues disponibles.