PACA: «On va largement dépasser l’épidémie de rougeole de 2018» annonce l’ARS

ROUGEOLE L’ARS s’alarme : la région PACA compte 221 cas de rougeole en ce début juin

Raphaël Khayat

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Un vaccin contre la rougeole en Colombie (image d'illustration).
Un vaccin contre la rougeole en Colombie (image d'illustration). — Schneyder Mendoza / AFP
  • La région PACA compte 221 cas de rougeole au 28 mai.
  • La rougeole est une maladie extrêmement contagieuse, dix fois plus que la grippe.
  • Le taux de vaccination est estimé à 85 % au lieu des 95 % recommandés. 

Seulement 28 cas en mars dernier. Trois mois plus tard, 221. « On va largement dépasser l’épidémie de rougeole de l’an dernier », assure Delphine Segond, médecin spécialisée en santé publique à l’Agence Régionale de Santé (ARS) de Paca. Cette maladie est une extrêmement contagieuse, « dix fois plus que la grippe » précise-t-elle. En 2018, le bilan était déjà conséquent : 249 cas détectés dans la région, et trois morts sur l’ensemble de la France.

Cette année, la région PACA est l’un des foyers les plus importants en France. « C’est parti de l’est vers l’ouest, explique Delphine Segond. Ça a démarré par les Alpes-Maritimes, touché le Var, puis les Bouches-du-Rhône et enfin le Vaucluse ».

Un vrai manque de vaccination

Selon l’ARS, le responsable est déjà connu : la baisse de vaccination dans la région. « Pour que tout aille bien, il faut un taux de vaccination au-delà de 95 %. Aujourd’hui on en est très loin. On se situe actuellement entre 85 et 90 % ». Une situation qui empire, et qui rappelle une anecdote au goût amer au médecin.

« On a vu une dame touchée récemment. On lui a conseillé de se vacciner, elle et toute sa famille. Elle a refusé, et maintenant ses trois enfants sont malades. On ne peut pas aller avec la police les forcer. On ne se sent pas assez soutenus. »

 

Le constat est rapidement vérifié auprès de jeunes parents croisés dans les rues de Marseille. Laetitia est vaccinée, ainsi que son mari et son premier enfant. Le dernier, Noé, 8 ans, accroché à la main de sa mère, ne l’est pas. Il n’a reçu qu’une dose sur deux du vaccin. « J’ai toujours réalisé les vaccins pour mes enfants, explique-t-elle. Et puis un jour j’ai changé de pédiatre, et elle me les a déconseillés. Je me suis aussi documentée de mon côté, et j’ai fait mon choix ».

Laetitia n’est pas la seule dans ce cas. D’autres refusent purement et simplement tous les vaccins non obligatoires. « Ça les empoisonne plus que ça ne les protège » lui expliquent certains de ses amis. Le genre d’affirmation qui fait bondir les médecins de l’ARS : « Il y a de nouveaux cas tous les jours, déplore Delphine Segond. C’est une maladie très dangereuse, particulièrement pour les personnes âgées et les jeunes enfants. La vaccination concerne tout le monde ! ».

Des parents inquiets dans les écoles

La rougeole touche à la fois des adultes et des enfants. La question de la prévention se pose donc aussi dans les écoles. Devant celle située rue Breteuil à Marseille, aucune trace d’une épidémie de rougeole. « C’est quand même bizarre qu’ils n’affichent rien pour informer les parents », s’étonne Elsa, maman de deux enfants. Pourtant, rien. Seulement d’anciennes affiches pour sensibiliser aux risques de transmission de poux entre les élèves. Elsa n’était même pas au courant de l’épidémie avant de répondre à nos questions.

Pour ralentir la transmission du virus, l’ARS invite tous les malades à porter des masques en papier jetables sur leur bouche. L’année dernière, la Nouvelle-Aquitaine était la région la plus touchée par la rougeole. Grâce à l’application de cette mesure, elle compte aujourd’hui quatre fois moins de cas que la région PACA.