Un rayon alimentaire dans la capitale.
Un rayon alimentaire dans la capitale. — A. Gelebart / 20 Minutes

DANS L'ASSIETTE

Alimentation: L’abus d’aliments ultra-transformés augmenterait les risques cardiovasculaires

Deux études menées en Europe pointent les dangers d’un certain type d’aliments

Un appel à la vigilance. Deux études, dévoilées ce jeudi, avancent que l’abus de plats industriels « ultra-transformés » augmenterait les risque cardiovasculaires et de mortalité, sans toutefois démontrer un lien direct. La première vient de l’Inserm et porte sur plus de 100.000 participants à l’étude NutriNet-Santé. La seconde, espagnole, porte sur 19.899 diplômés universitaires du pays.

De nombreux ingrédients

On parle d'aliments « ultra-transformés » quand ils ont été transformés industriellement et contiennent de nombreux ingrédients, notamment des additifs. La plupart des plats prêts à réchauffer, les sodas sucrés ou contenant des édulcorants, mais aussi les steaks végétaux avec additifs, les saucisses, les soupes en poudre et les snacks sont ainsi concernés. Selon les chercheurs, ces aliments sont généralement plus riches en sel, graisses saturées, sucre et pauvres en vitamines et en fibres. S’y ajoutent des contaminants provenant des emballages et des contenants en plastique.

Selon les travaux menés, la consommation d’aliments ultra-transformés serait associée à un risque plus élevé de maladies cardiovasculaires, et en particulier de maladies coronariennes et de maladies cérébro-vasculaires. Par ailleurs, une augmentation de 10 points du pourcentage d’aliments ultra-transformés dans la nourriture – par exemple de 15 % à 25 % – est associée à une augmentation de 12 % du risque de maladies cardiovasculaires.

C’est la consommation régulière qui importe

« L’étude ne permet pas à elle seule de conclure à un lien de cause à effet, mais l’association entre aliments ultra-transformés et risque de maladies cardiovasculaires est statistiquement significative en tenant compte des autres caractéristiques des participants (tabac, alcool, niveau d’activité physique, statut socio-économique, âge, sexe, poids, etc.) », explique le Dr Mathilde Touvier, en charge de l’étude de l’Inserm.

Une étude américaine récente relevait aussi une association entre aliments ultra-transformés et risque plus élevé de mortalité. « Il ne faut pas être alarmiste et dire que si on consomme de temps en temps un plat ultra-transformé ou un soda, on augmente son risque de faire un accident cardiaque de 12 %. C’est la consommation régulière qui importe », précise toutefois Mathilde Touvier.