Pollution: Quels sont les effets d’une grève dans les transports sur vos poumons?

QUALITE DE L'AIR Une étude de l’Insee dévoile ce lundi qu’en cas de grève dans les transports publics, les hospitalisations pour des problèmes respiratoires augmentent… mais la contagion virale diminue

Oihana Gabriel

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Illustration de voitures à Paris.
Illustration de voitures à Paris. — Pixabay
  • Une étude de l’Insee s’est penchée sur les effets sur notre santé des journées de grève dans les transports publics.
  • Logiquement, elles entraînent une augmentation du trafic routier.
  • Et l’impact serait paradoxal : les pathologies respiratoires sont plus nombreuses, à cause d’une pollution automobile en hausse, mais certaines pathologies respiratoires virales baissent du fait d’une moindre contagion.

Une grève des transports rime souvent avec un réveil encore plus tôt, un trajet encore plus long et une journée encore plus fatigante… Mais selon un rapport de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) dévoilé ce lundi, ces débrayages dans le métro, les bus, trams ou trains de banlieue ont également une conséquence sur la santé des poumons des citadins des grandes villes françaises. Mais pas forcément celui attendu.

Davantage d’hospitalisations pour des problèmes respiratoires

Selon cette étude*, les jours de grève dans les transports publics se traduisent par une hausse du nombre d’admissions aux urgences pour des problèmes respiratoires. Hausse qui serait liée à une augmentation du trafic, car certains, habitués aux transports en commun, prennent exceptionnellement leur voiture ce jour-là. Plus précisément, l’étude a calculé qu’un jour de grève, le temps de parcours automobile sur une distance donnée est plus élevé de 7 % en moyenne. D’où une hausse de la pollution : +10 % en moyenne pour le monoxyde de carbone et entre +10 et +13 % pour les particules fines, considérées notamment comme responsables de cancers du poumon par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis 2012.

Résultat, les admissions aux urgences pour affections aiguës des voies respiratoires (pharyngite, laryngite…) enregistrent une hausse (1,1 admission par million d’habitants contre 0,8 un jour « standard », soit +0,3) et +0,2 le lendemain. Et pourtant, « les pathologies respiratoires prises dans leur ensemble ne semblent pas significativement affectées le jour de grève et les suivants (à l’exception des jeunes enfants, le jour de la grève) », précise le rapport. Comment l’expliquer ?

Illustration d'une femme souffrant de la grippe.
Illustration d'une femme souffrant de la grippe. - Pixabay

Moins de virus

En réalité, dans le même temps, moins de personnes arrivent à l’hôpital avec une grippe ou une gastro, car les virus se propageraient moins via les barres de métro et les accoudoirs des bus.

« Les échanges et contacts entre les personnes seraient moins fréquents les jours de grève, entraînant une moindre transmission des agents infectieux entre les personnes : les déplacements vers les lieux de travail seraient moins nombreux, les enfants moins présents dans les écoles ou les crèches, ou encore les transports en commun moins fréquentés », justifie le rapport.

Ainsi, on risque moins d’attraper une pneumonie ou une grippe un jour de grève des transports, avec 3,8 admissions par million d’habitants (- 0,6 par rapport aux 4,4 admissions par million d’habitants un jour « standard »). Mais, loin de minimiser les effets de la pollution sur nos poumons, le rapport de l’Insee alerte : « malgré une probable sous-estimation, constater une hausse de certaines pathologies respiratoires permet de conclure à l’effet néfaste, à court terme, de la pollution automobile sur la santé respiratoire ».

* L’étude de l’Insee porte sur 91 jours de grève d’une journée dans les dix plus grandes aires urbaines françaises (Paris, Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Lille, Nice, Nantes, Strasbourg, Rennes) sur la période 2010-2015, hors vacances scolaires.