Autisme: Emoface, l’application pour apprendre à exprimer ses émotions

HANDICAP En s'appuyant sur un avatar, Emoface vise à aider les jeunes autistes à comprendre, exprimer les émotions et à gérer des situations sociales

20 Minutes avec agences

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L'appli Emoface s'appuie sur un avatar capable de reproduire les expressions du visage liées aux émotions.
L'appli Emoface s'appuie sur un avatar capable de reproduire les expressions du visage liées aux émotions. — Capture d'écran YouTube / Emoface

Une application « ludique et stimulante » pour combattre l'autisme. C’est la promesse d'Emoface, un outil inventé par Adela Barbulescu, chercheuse en informatique à l’Université Grenoble Alpes. Cette appli vise à aider les jeunes autistes « qui ont des difficultés à reconnaître, à exprimer des émotions et à gérer des situations sociales », explique à l’AFP cette Roumaine de 31 ans.

Un « miroir virtuel »

Sur une tablette, Greg, avatar de jeune garçon en 3D, imite en temps réel les expressions de celui qui manipule l’application. C’est la fonction « miroir virtuel ». L’utilisateur peut aussi apprendre les expressions faciales en modifiant celles de l’avatar : hausser les sourcils, le faire sourire, froncer le nez…

Un jeu propose de déterminer quelle émotion éprouve l’avatar, et le joueur reçoit des « félicitations » s’il y parvient. L’application permet aussi d’étudier des situations sociales (aller dans un commerce, demander de l’aide, se présenter…).

Colère, joie, tristesse, dégoût

Le prototype, testé depuis plus d’un an, est basé sur six émotions (colère, joie, tristesse, peur, surprise, dégoût), 16 autres plus subtiles sont prêtes (jaloux, ironique, incrédule, scandalisé…) et l’application s’enrichit sans cesse.

Adela Barbulescu s’inspire notamment des travaux de Simon Baron-Cohen, un chercheur en psychologie de Cambridge, spécialiste de l’autisme, qui a recensé 412 émotions différentes. « J’aimerais créer un atlas des émotions, explique-t-elle, mais je ne sais pas si elles seront toutes traduisibles par un avatar ».

L’application bénéficie du soutien d’un incubateur, Linksium, et repose aussi sur une designeuse graphique, Mayra Lima. Un modèle de personnage trisomique est en préparation.

« Un excellent complément »

Le prototype est utilisé depuis le début de l’année scolaire à Grenoble auprès de 21 enfants et adolescents de la première unité consacrée en France à l’autisme. Selon son directeur, Dominique Dossena, l’application est « innovante et adaptée » à « une génération d’enfants aimant les tablettes » et c’est « un excellent complément à notre pratique ». Il remarque que l’application est rassurante car elle « donne toujours la même consigne avec la même voix, le même ton ».

Adela Barbulescu souhaite désormais effectuer un test clinique officiel, suivi d’une publication dans des journaux scientifiques, afin qu’Emoface puisse être labellisé. Elle espère un million de téléchargements gratuits d’ici trois ans et envisage un coût d’abonnement pour le contenu premium de l’ordre de 10 euros par mois comprenant une réactualisation permanente.