L'exosquelette Shiva Exo, en test au Technicentre de la SNCF à Bischheim. Le 15 mai 2019.
L'exosquelette Shiva Exo, en test au Technicentre de la SNCF à Bischheim. Le 15 mai 2019. — G. Varela / 20 Minutes

TECHNOLOGIE

VIDEO. Strasbourg : Un exosquelette donne un coup de main aux agents de la SNCF

Un exosquelette de dernière génération conçu par la société Ergosanté en collaboration avec la SNCF est en test au centre technique de la SNCF à Bischheim (Bas-Rhin)

  • La SNCF teste un exosquelette conçu par le groupe Ergosanté.
  • C’est un dispositif d’assistance physique qui vient soulager l’effort fourni par l’utilisateur.
  • Sa particularité est d’être multifonction et facilement adaptable à toutes les morphologies.

Ne pensez par Iron Man, Robocop… Pourtant, l’exosquelette testé par des agents de la SNCF au technicentre de Bischheim, près de Strasbourg, pourrait s’en rapprocher. Mais l’objectif « n’est pas d’avoir un homme augmenté mais un homme préservé », assure Yonnel Giovanelli, responsable du pôle ergonomie à la direction du matériel SNCF. « C’est un dispositif d’assistance physique qui vient soulager l’effort fourni par l’agent, pas pour lui faire porter plus de charges, plus lourdes, ou produire plus, insiste l’expert. Plus qu’une révolution, c’est une évolution. »

Dans l’atelier, Frédéric, agent de maintenance, enchaîne les montages de roulement sur un TGV. Si certains mouvements avec l’exosquelette semblent manquer parfois de fluidité, l’agent se dit très satisfait de ce dispositif : « On sent vraiment la différence, ça soulage le dos, les bras et à la fin d’une journée, ça compte d’avoir utilisé ce dispositif. »

Aider mais aussi prévenir

Aider, mais surtout prévenir. Car l’idée de cette innovation ergonomique est aussi, à long terme, de diminuer les arrêts de travail, notamment dû aux troubles musculo – squelettiques (TMS). Et ce n’est pas rien : en France, les TMS seraient à l’origine de 80 % des arrêts de travail, ces derniers ayant augmenté de 131 % en 13 ans

L'exosquelette Shiva Exo, en test au Technicentre de la SNCF à Bischheim. Le 15 mai 2019.
L'exosquelette Shiva Exo, en test au Technicentre de la SNCF à Bischheim. Le 15 mai 2019. - G. Varela / 20 Minutes

Si l’on trouve des exosquelettes dans le secteur militaire, public et mais surtout industriel et médical, la force de celui testé au technicentre, conçu par le Groupe Ergosanté en collaboration avec la SNCF, est d’être multifonction. Une sorte de « couteau Suisse » qui répond à la diversité des postes », précise Yonnel Giovanelli. Une avant-première qui sera d’ailleurs présentée le 16 mai au salon Vivatech à Paris.

Facilement adaptable à une fonction, à un agent, il a l’avantage aussi d’avoir 90 % de ses pièces fabriquées par impression 3D. « Cela permet, si une tâche ou la demande évolue, ou si des ajustements sont nécessaires, de modifier rapidement une pièce et de l’envoyer immédiatement à l’utilisateur », explique Samuel Corgne, le patron du Groupe Ergosanté, spécialiste dans l’innovation ergonomique au service de l’emploi. Composée de fibre de verre, de fibre de carbone, de Kevlar, la pièce imprimée est aussi solide que le métal tout en étant en moyenne 40 % plus légère », détaille Samuel Corgne.

L'exosquelette Shiva Exo, en test au Technicentre de la SNCF à Bischheim. Le 15 mai 2019.
L'exosquelette Shiva Exo, en test au Technicentre de la SNCF à Bischheim. Le 15 mai 2019. - G. Varela / 20 Minutes

Pour l’heure, « l’exosquelette multifonction », baptisé Shiva Exo, pèse dans les 7 kg. Entièrement mécanique, il ne nécessite pas de recharge de batteries. Porté au niveau de la ceinture, il permet aux opérateurs de soulager le poids de leurs propres bras et de bénéficier d’une aide au port de charge, ce qui est particulièrement recherché pour les travaux répétitifs qui nécessitent d’avoir les bras en l’air, les bras tendus », explique Samuel Corgne.

Pour l’heure, la SNCF prévoit de commander une centaine d’exosquelettes pour l’ensemble de ses technicentres. Pour le concepteur Ergosanté, une fois l’homologation obtenue (fin juin), il compte commercialiser le Shiva Exo auprès d’autres entreprises et même à l’étranger, avant de travailler sur de nouveaux modèles. Car le futur, c’est maintenant. On parle déjà de vêtements exosquelettes…