Fluides sexuels: Tout savoir sur le liquide pré-séminal (qui n’est pas du sperme)

TOUT SEXPLIQUE (5/5) «20 Minutes» vous propose une petite plongée scientifique dans le monde mystérieux des fluides sexuels

Anissa Boumediene

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Le liquide préséminal est différent du sperme, et son petit surnom, c'est "la rosée du plaisir".
Le liquide préséminal est différent du sperme, et son petit surnom, c'est "la rosée du plaisir". — 4924546 / Pixabay
  • Pour balayer les idées reçues et mieux comprendre le fonctionnement du corps humain, 20 Minutes explore la nature et le rôle des fluides sexuels.
  • A quoi servent-ils ? De quoi sont-ils composés ? Quels en sont les chiffres clés et les infos les plus secrètes ?
  • Aujourd’hui, pour le cinquième et dernier chapitre de notre série, on s’intéresse au liquide préséminal, bien différent du sperme.

Son nom pourrait prêter à confusion, en le faisant passer pour la semence reproductive de ces messieurs. Mais non, le liquide pré-séminal est différent du liquide séminal, aka le sperme. Contient-il des spermatozoïdes ? A quoi sert-il ? Risque-t-il de transmettre des infections sexuellement transmissibles (IST) ? 20 Minutes vous offre une petite leçon de biologie.

A quoi sert-il ?

« Le liquide pré-séminal a des propriétés antiseptiques, il sert à nettoyer l’urètre », indique le Pr François Desgranchamps, chef du service d’urologie de l’hôpital Saint-Louis, à Paris, et auteur de La prostate, on en parle (éd. Hachette Bien-être). Ce qui permet de neutraliser l’acidité de l’urine. Une propriété importante, puisque les spermatozoïdes ne résistent pas à un environnement acide. Emis par l’urètre lorsque l’homme est excité sexuellement, ce liquide favoriserait également la lubrification du gland et le mouvement du prépuce, apportant davantage de confort à l’homme durant le rapport sexuel. Puis, au moment de l’éjaculation, le liquide préséminal va se mélanger au sperme et protéger les spermatozoïdes qu’il contient de l’acidité du vagin.

De quoi est-il composé ?

Visqueux et incolore, le liquide pré-éjaculatoire est sécrété lors de l’érection par les glandes de Cowper, qui sont situées au niveau de l’urètre sous la prostate, et par les glandes péri-urétrales (le long de l’urètre). « La pression sanguine induite par l’érection va appuyer et presser ces glandes, ce qui va libérer le liquide préséminal », explique le Dr Anthony Giwerc, chef de clinique en urologie à l’hôpital Saint-Louis.

Des études ont par ailleurs démontré que chez des hommes porteurs du VIH, le virus était présent dans leur liquide préséminal, entraînant ainsi un risque de contamination de son ou sa partenaire. « Dès lors que ce liquide sort du canal urétral, le risque de transmettre une IST est présent », complète le Dr Giwerc.

Quelques chiffres à connaître

Ce n’est évidemment pas un concours, mais tous ces messieurs ne sont pas égaux devant la production de ce liquide pré-éjaculatoire. « Certains n’en produisent quasiment pas, d’autres peuvent en produire quelques gouttes au moment de l’excitation sexuelle. Mais en moyenne, un homme va émettre à peine un millilitre de liquide pré-séminal », informe le Dr Giwerc. Et ceux qui en produisent le plus sont généralement les adolescents qui, avec leurs premiers émois sexuels – seuls ou à deux –, vont émettre une quantité bien plus importante de liquide pré-séminal que leurs aînés.

Le petit secret

La question que beaucoup d’hommes et de femmes se posent, notamment les couples qui pratiquent le retrait comme méthode contraceptive, est de savoir s’il y a un risque de grossesse avec ce liquide émis avant l’éjaculation. « Le liquide préséminal ne contient pas de sperme, donc pas de spermatozoïdes », indique l’urologue. Toutefois, si un deuxième round s’enchaîne après un premier coït avec éjaculation, il y a un risque. « Lorsque l’homme émettra du liquide pré-séminal lors du deuxième rapport, ce liquide pourra entraîner avec lui les résidus de sperme se trouvant dans l’urètre, vus qu’ils empruntent le même chemin, précise le Dr Giwerc. Dans ce cas, on pourra retrouver des spermatozoïdes dans le liquide pré-éjaculatoire ». Pour éviter cela, uriner après un rapport sexuel permettrait de vider l’urètre des « petits soldats » qui pourraient encore s’y trouver. Dans le doute, sortez couverts.

L’info insolite

Le liquide pré-séminal plus fort que la volonté ? Si, avec force concentration, un homme peut tenter de contrôler et de retarder son éjaculation, il n’en va pas de même avec le liquide pré-séminal : son émission va de pair avec l’érection. Et parce que même les fluides sexuels peuvent avoir un petit nom, le liquide pré-séminal est surnommé « la rosée du plaisir ».