Un test de toxicité avant toute chimiothérapie 5-FU est désormais obligatoire

TRAITEMENT Chaque année, près de 80.000 personnes atteintes d’un cancer sont traitées par une chimiothérapie à base de 5-FU

L.Br.

— 

Le siège de l'Agence nationale du médicament, à Paris.
Le siège de l'Agence nationale du médicament, à Paris. — ALAIN JOCARD / AFP

Une avancée pour les malades du cancer. L’Agence nationale du médicament a annoncé la mise en place d’un test obligatoire avant toute chimiothérapie à base de 5-FU, selon Franceinfo. Cette substance, très utilisée pour traiter les cancers du sein, ORL ou digestif, peut entraîner des effets secondaires graves ou un décès.

Ce test sera désormais automatiquement prescrit par le médecin. Il coûte 40 euros mais devrait être remboursé par l’Assurance maladie. Chaque année, près de 80.000 personnes atteintes d’un cancer sont traitées par une chimiothérapie à base de 5-FU ou capécitabine, selon l’ANSM.

Des effets toxiques décuplés chez certains patients

Cette substance peut entraîner des effets secondaires graves chez certains patients porteurs d’un déficit en dihydropyrimidine déshydrogénase (DPD), une enzyme permettant l’élimination de ces médicaments. Les effets toxiques du 5-FU sont décuplés.

« Les fluoropyrimidines (5-FU et capécitabine) peuvent entraîner des toxicités sévères chez 1 patient sur 5, voire des décès (entre 1 patient sur 100 et 1 patient sur 1.000). Une partie de ces toxicités est liée à un déficit d’activité » de l’enzyme DPD, soulignait l’ Institut national du cancer (INCa), précisant que ce « déficit peut être partiel (3 à 5 % des patients) ou total (entre 0,01 % et 0,5 % des patients) ».

Plainte contre X

Selon Franceinfo, qui cite le Centre régional de pharmacovigilance de Marseille, 133 malades n’auraient pas supporté le 5-FU et en seraient morts entre 2005 et 2015. 1 500 auraient été gravement intoxiqués.

En février, quatre familles de victimes de la toxicité d’une molécule de chimiothérapie ont déposé plainte contre X, reprochant aux autorités sanitaires de ne pas avoir recommandé ce test plus tôt.