Allergies: Bientôt plus de mille substances interdites ou limitées dans nos vêtements ?

ALERTE L’objectif est de « mieux protéger les consommateurs » contre « la présence des substances sensibilisantes cutanées » dans les vêtements

20 Minutes avec agences

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Des vêtements sur des cintres. Illustration.
Des vêtements sur des cintres. Illustration. — K. Laffertu Gerber - AP - Sipa

« Interdire ou limiter plus de mille substances allergisantes » : c’est la proposition de l’agence de sécurité sanitaire française (Anses) et de l’Agence suédoise des produits chimiques (KemI) pour lutter contre les allergies cutanées liées à des textiles d’habillement.

Cette proposition, adressée à l’Echa (Agence européenne des produits chimiques), vise à « limiter la présence des substances sensibilisantes cutanées dans les articles textiles, cuirs, fourrures et peaux, vendus au grand public » afin de « mieux protéger les consommateurs », a expliqué ce lundi l'Anses.

25 substances à interdire

Cette dernière avait mené en juin 2018 une expertise pour identifier les substances chimiques présentes dans certains articles incriminés. Elle avait alors déjà recommandé d’abaisser le maximum réglementaire du chrome 6 dans les articles en cuir et de fixer un niveau maximum pour le nickel dans les textiles.

Les agences française et suédoise ont cherché à « déterminer les concentrations maximales à ne pas dépasser pour ces substances afin de protéger les consommateurs ». Elles proposent ainsi d’interdire dans ce type de produits « 25 substances de la famille des colorants dispersés ayant des propriétés sensibilisantes ». Les colorants dispersés sont des colorants non solubles dans l’eau utilisés pour teindre les fibres synthétiques.

Chrome 6, nickel, cobalt…

Les deux agences proposent également des concentrations maximales à ne pas dépasser pour les autres familles de « substances sensibilisantes », dont le chrome 6 (1 mg/kg), le nickel, le cobalt, le formaldéhyde et la 1,4 paraphénylène diamine (PPD).

Substance utilisée pour fixer les couleurs foncées, la PPD est déjà interdite depuis 2005 dans tous les cosmétiques destinés à être en contact avec la peau (et notamment dans les tatouages éphémères à base de henné). Elle reste autorisée pour les teintures capillaires​, si sa concentration ne dépasse pas 6 %, et dans les textiles.

Des alternatives existent pour les fabricants

« Des alternatives chimiques existent notamment pour les colorants dispersés pour lesquels la substitution est faisable et déjà amorcée en Europe », souligne l’Anses.

L’Echa formulera un avis sur cette proposition, à l’issue d’une consultation publique de six mois. Il reviendra ensuite à la Commission européenne de « statuer sur l’adoption de cette restriction », indique l’agence sanitaire.

Lors de la publication de son expertise l’an dernier, l'Anses avait notamment conseillé de laver tout vêtement neuf susceptible d’être en contact avec la peau avant de le porter pour la première fois, afin de réduire l’exposition aux substances irritantes.