Lyon: Le groupe hospitalier de l’Est lyonnais teste en avant-première un scanner révolutionnaire

TECHNOLOGIE Ce prototype permet de réaliser des images en couleurs du corps humain et de détecter des tumeurs ou lésions qu'on ne voyait pas avant

Caroline Girardon

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Le groupe hospitalier de l'Est lyonnais est le premier à tester, un scanner spectral à comptage photonique, un modèle inédit et unique au monde.
Le groupe hospitalier de l'Est lyonnais est le premier à tester, un scanner spectral à comptage photonique, un modèle inédit et unique au monde. — J. Pachoud / AFP
  • Le groupe hospitalier de l’Est lyonnais est le premier à tester un scanner révolutionnaire.
  • Ce prototype, unique au monde, réalise des images en couleurs du corps humain.
  • Il permet ainsi d’isoler les tumeurs des tissus sains et de détecter des anomalies qu’on ne pouvait voir sur des images en noir et blanc.

Un scanner « révolutionnaire » et une première mondiale. Le groupe hopistalier Est, situé à Bron dans le Rhône, est le seul à posséder désormais un « scanner spectral à comptage photonique ». Comprenez qu’il s’agit d’un modèle unique, un prototype pour l’instant, capable de réaliser des images en couleurs du corps humain. Une avancée considérable pour la médecine.

Le dispositif, testé au préalable durant trois ans sur des petits animaux, permet aujourd’hui de « faire des diagnostics plus précis, plus facilement et de diminuer par trois la dose de rayons X envoyée aux patients », expose le professeur Philippe Douek, radiologue et enseignant chercheur à l'université Lyon 1. « Et surtout, on peut voir des choses qu’on ne pouvait pas détecter avant », précise-t-il. Comme des infiltrations calcaires dans les artères coronaires ou des lésions tumorales dans les poumons. « On sera même capable de dire si elles sont bénignes ou malignes », enchaîne le professeur.

Isoler à l’image les tumeurs des tissus sains

« Cette haute technologie, on l’espère, nous fera faire moins d’erreurs et pour les patients, c’est considérablement, un plus », ajoute-t-il. Jusque-là, le scanner, qui est la méthode d’imagerie la plus pratiquée au monde, ne permet d’obtenir que des images en noir et blanc. L’appareil, testé à Lyon, délivrera une résolution cinq fois meilleure, qui isolera à l’écran les tumeurs des tissus sains. Dans certains cas, mais pas automatiquement, il pourra également éviter aux médecins, d’avoir recours au Pet Scan, un dispositif bien plus coûteux, qui exige également l’emploi de marqueurs radioactifs.

Ce prototype, développé par Philips, sera utilisé à Lyon dans le cadre de recherche clinique. « Mais pas pour des diagnostics conventionnels », précise Philippe Douek. Et d’ajouter : « Il y a encore bien deux années de recherche à prévoir. A terme, on peut espérer que cette technologie sera développée dans les hôpitaux des petites villes, dans les cliniques et non uniquement dans les CHU. En étant optimiste, on peut imaginer que cet appareil sera commercialisé dans 5 ans ».

Le projet a été mis sur orbite par une subvention de l’État au titre des Investissements d’avenir. L’Union européenne a ensuite apporté 6,4 millions d’euros pour passer à l’étape suivante.