Alzheimer: Un jeu vidéo développé par des neuroscientifiques pour détecter la maladie

MALADIE Grâce aux amateurs du jeu « Sea hero Quest », des chercheurs français et britanniques pourraient déceler les premiers signes de la maladie chez les personnes à risque

20 Minutes avec agence

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Le jeu Sea hero quest pourrait permettre de détecter les premiers signes de la maladie d'Alzheimer.
Le jeu Sea hero quest pourrait permettre de détecter les premiers signes de la maladie d'Alzheimer. — Capture d'écran YouTube / lifeisforsharingDT

Des scientifiques français et britannique ont constitué une base de données très riche leur permettant de faire avancer la recherche sur la maladie d'Alzheimer grâce à l’utilisation… du jeu vidéo « Sea Hero Quest ». Les informations recueillies sur les joueurs de ce jeu de réalité virtuelle les ont ainsi aidés à détecter les signes annonciateurs de la pathologie, indique ce mercredi le Journal du Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

Le jeu gratuit mis au point en 2016 par des neuroscientifiques évalue les capacités d’orientation dans l’espace des joueurs. Les utilisateurs de « Sea Hero Quest » incarnent un capitaine de navire qui doit relever plusieurs défis de navigation. Les données de quatre millions de personnes ont été collectées, ainsi que leur âge, leur sexe et leur nationalité. Analysés par des spécialistes à Nantes (Loire-Atlantique) et au Royaume-Uni, les résultats ont montré que l’âge est un facteur primordial dans la qualité d’orientation des sujets. Mais les chercheurs sont ensuite allés plus loin.

Intervention de l’intelligence artificielle

Ils ont en effet ajouté à leurs études croisées le génotype des joueurs. Et ils ont mis en avant l’importance du gène APoE, comme indiqué le 18 mars dernier dans la revue scientifique PNAS. « 75 % de la population sont porteurs d’une version « normale » de ce dernier, mais une petite partie de la population est porteuse d’une variante, E3E4, qui rend trois à quatre fois plus susceptible de développer Alzheimer », explique à France Inter le spécialiste en sciences cognitives, Antoine Courtot.

Les experts travaillent désormais au développement d’une intelligence artificielle capable d’utiliser les très nombreuses données à leur disposition pour détecter les individus à risque qui ne font pas partie des groupes les plus exposés.