Kwit, l’appli anti-clopes, qui fait un tabac

START-UP Déjà téléchargée 1,3 million de fois, l’appli de sevrage Kwit incubée à Strasbourg s’affiche comme une réussite alsacienne

Nils Wilcke

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Pour se lancer, Kwit a bénéficié du soutien de l'incubateur de Strasbourg et du nouvel accélérateur de startups du Grand Est.
Pour se lancer, Kwit a bénéficié du soutien de l'incubateur de Strasbourg et du nouvel accélérateur de startups du Grand Est. — Pixabay
  • L’application mobile alsacienne Kwit propose aux fumeurs une solution ludique pour se sevrer du tabac.
  • Conçue et développée par l’entrepreneur alsacien Geoffrey Kretz, elle a déjà été téléchargée plus de 1,1 million de fois.
  • Pour se lancer, le fondateur de Kwit a bénéficié des conseils de l’incubateur Sémia à Strasbourg et du soutien de l’accélérateur de start-up du Grand Est.

Dur, dur, de se sevrer du tabac. Geoffrey Kretz connaît bien le sujet. C’est parce qu’il ne trouvait pas la bonne application pour arrêter la cigarette que cet Alsacien natif d’Huttenheim, dans le Bas-Rhin, a l’idée de créer la sienne. C’est ainsi qu’est née Kwit en 2012. Sept ans plus tard, l’ex-fumeur est devenu un entrepreneur reconnu grâce à son appli 100 % strasbourgeoise. Elle est devenue la numéro un des fumeurs qui veulent arrêter.

Comment marche Kwit ? L'appli est basée sur le jeu et la déculpabilisation. Plus l’utilisateur arrête le tabac dans la durée et plus il débloque des paliers. En cas de craquage imminent, l’ex-fumeur n’a qu’à agiter son téléphone pour voir une aide apparaître sur l’écran pour l’encourager à poursuivre son sevrage.

Téléchargée 1,3 million de fois

Quel est le secret de la réussite de Kwit ? « J’ai voulu cocher toutes les cases du bon entrepreneur », explique Geoffrey Kretz. Pour monter son business, il s’appuie notamment sur Sémia, l’incubateur strasbourgeois. « C’est important d’avoir le soutien d’une structure qui a l’habitude de ce type de projets. » Il bénéficie aussi de l’aide de Scal’E-nov, l’accélérateur de start-up du Grand Est, en 2017. Ce dernier met sur la table une subvention de 100.000 euros.  Alsace Business Angel, un groupe d’investisseurs régionaux constitué de chefs d’entreprise, apporte également sa contribution à Kwit.

Ils ont eu du flair : l’appli est téléchargée plus de 1,3 million de fois. Disponible sur l’Appstore ou Android, elle est traduite en 13 langues. « Dès le début, il y avait cette volonté de s’inscrire à l’international », avance Geoffrey Kretz. Kwit est prisée par les fumeurs du Pays-Bas, d’Italie et d’Espagne. Mais elle est disponible aussi en turc, japonais, coréen ou chinois.

Implantée à Strasbourg

La consécration est arrivée en 2018 : Kwit est offert à 13.000 étudiants et employés d’une université de San Francisco. L’initiative est soutenue financièrement par l’institut national américain contre le cancer. « L’appli est même utilisée pour des études cliniques et statistiques », indique fièrement son fondateur.

Cette réussite ne signifie pas pour autant que la start-up va quitter Strasbourg. Ce serait même plutôt le contraire. « Vu les prix des loyers à San Francisco, on va rester en Alsace », sourit Geoffrey Kretz. Rejoint par deux associés, eux aussi alsaciens, il peut envisager plus sereinement l’avenir de l’entreprise. Six salariés travaillent actuellement dans la capitale européenne sur le développement de l’application, rejoints récemment par une chercheuse en psychologie de l’université de Strasbourg. Objectif ? Affiner l’appli en fonction des réactions des utilisateurs grâce aux thérapies cognitives et comportementales. Les fumeurs n’ont qu’à bien se tenir.