Implants mammaires: Plusieurs modèles interdits pour éviter un «danger rare mais grave» de cancer

RISQUE SANITAIRE L'ANSM a pris cette décision «face à l'augmentation significative des cas de lymphome anaplasique à grandes cellules associés au port d'implants mammaires»

20 Minutes avec AFP

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Un implant mammaire. AP Photo/Donna McWilliam.
Un implant mammaire. AP Photo/Donna McWilliam. — Donna McWilliam/AP/SIPA

« Par mesure de précaution », la France a interdit plusieurs modèles d’implants mammaires soupçonnés de favoriser une forme rare de cancer, à cause du « danger rare mais grave » qu’ils peuvent faire courir aux femmes qui les portent, a confirmé l’Agence nationale des produits de santé (ANSM), ce jeudi.

L’Agence nationale des produits de santé (ANSM) a pris cette décision « face à l’augmentation significative depuis 2011 des cas de lymphome anaplasique à grandes cellules associés au port d’implants mammaires », explique le gendarme sanitaire dans un courrier aux fabricants. La décision, qui concerne « moins de 30 % de l’ensemble des implants mammaires » commercialisés en France, a expliqué Christelle Ratignier-Carbonneil, directrice générale adjointe de l’organisme.

56 cas recensés depuis 2011

 

Depuis 2011, sur les 500.000 femmes porteuses d’implants mammaires en France, on a recensé 56 cas de cette forme rare mais agressive de cancer, qui se manifeste le plus souvent par un épanchement de liquide autour de la prothèse. La quasi-totalité des cas concernaient des femmes ayant des prothèses à enveloppe texturée. Trois en sont décédées. L’agence ne recommande toutefois pas aux femmes qui portent déjà ces modèles de le retirer.

Les prothèses visées par la décision de l’ANSM ont une surface extérieure en silicone « macro-texturée », c’est-à-dire rugueuse, ou en polyuréthane. Leur retrait a été décidé « au vu du danger rare mais grave que leur implantation est susceptible de constituer », selon Christelle Ratignier-Carbonneil, directrice générale adjointe de l’ANSM. Parmi les six prothèses interdites « de mise sur le marché, de distribution, de publicité et d’utilisation » figurent plusieurs modèles du fabricant américain Allergan de type Biocell. Cette texture est la principale mise en cause dans la survenue de lymphome anaplasique à grandes cellules (LAGC).

L’ANSM n’a pas opté pour l’interdiction de tous les implants mammaires texturés

Plusieurs plaintes ont été déposées à Paris et Marseille pour « mise en danger délibérée de la vie d’autrui » par des femmes porteuses de ce type d’implants. Le géant pharmaceutique a perdu mi-décembre le marquage CE de ses implants mammaires à enveloppe texturée, parce qu’il n’avait pas pu présenter les données additionnelles demandées par l’organisme de certification dans les délais impartis. Il avait alors dû procéder au retrait des produits concernés. Les autres modèles frappés par l’interdiction sont fabriqués par les marques Arion, Sebbin, Nagor, Eurosilicone et Polytech.

En prononçant ces interdictions, l’ANSM est allée plus loin que le comité d’expertes qu’elle avait mandaté début février. Ce comité se prononçait seulement pour l’interdiction des prothèses Biocell d’Allergan. En revanche, l’ANSM n’a pas non plus opté pour la solution la plus radicale, qui aurait consisté à interdire en bloc tous les implants mammaires texturés, qui représentent près de 85 % du marché français. Un numéro vert est mis en place pour répondre aux interrogations de femmes porteuses des prothèses concernées (0800 71 02 35).