Complémentaire santé: Trois millions de Français n’en ont toujours pas

ASSURANCE Cela représente 5 % de la population, surtout des chômeurs et des travailleurs pauvres

20 Minutes avec AFP

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La mutuelle d'entreprise obligatoire n'a pas tellement changé la donne.
La mutuelle d'entreprise obligatoire n'a pas tellement changé la donne. — FRANCK FIFE / AFP

Près de 5 % de la population française, soit environ 3 millions de personnes, ne sont pas couvertes par une assurance complémentaire santé malgré la généralisation des contrats d’entreprise, selon une publication diffusée mercredi par la Drees. Ce « sont principalement des personnes à faible revenu : travailleurs précaires, chômeurs ou inactifs », relève le service statistique des ministères sociaux dans la deuxième édition de son « Panorama des complémentaires santé ».

La Drees rappelle qu’en 2014, 16 % des chômeurs et 9 % des personnes au foyer se déclaraient non couverts, contre 2 % à 3 % des fonctionnaires, salariés du privé et retraités. La généralisation de la complémentaire d’entreprise, entrée en vigueur en 2016, a peu changé cette situation : « Les premières estimations indiquent que le taux de non-couverts ne baisserait que d’un point » du fait de cette mesure.

Fusion de la CMU-C et de l’ACS

Passées entre les mailles du filet des contrats collectifs, les personnes sans couverture santé complémentaire sont aussi des bénéficiaires potentiels des filets de sécurité. Ainsi, la moitié « pourraient en principe prétendre à la CMU-C (couverture maladie universelle complémentaire) ou à l’ACS (aide au paiement d’une complémentaire santé) », calcule la Drees, qui pointe « une méconnaissance (de ces) dispositifs d’aide ».

Le taux de non-recours à la CMU-C était évalué entre 34 % et 45 % en 2017, soit 2,8 à 4,5 millions de personnes. Pour l’ACS, ce taux était estimé entre 41 % et 59 %, soit 1,1 à 2,3 millions de personnes supplémentaires. Le gouvernement a décidé de fusionner au 1er novembre 2019 la CMU-C et l’ACS, qui deviendra une CMU « contributive » avec une participation financière jusqu’à 30 euros par mois, afin d’augmenter les taux de recours.

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