A peine dévoilé, le plan du gouvernement pour les enfants autistes est déjà vivement critiqué

SANTÉ Sophie Cluzel, la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, doit faire des annonces en faveur des enfants autistes, lundi lors du conseil des Ministres

V.V.

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Emmanuel Macron visite une crèche accueillant des enfants autistes, en Normandie.
Emmanuel Macron visite une crèche accueillant des enfants autistes, en Normandie. — Christophe Ena / POOL / AFP
  • Sophie Cluzel souhaite améliorer la détection des enfants autistes de 0 à 6 ans.
  • Elle doit dévoiler son plan ce lundi matin lors du conseil des Ministres.
  • Plusieurs associations se montrent très critiques à l’égard des annonces qui ont filtré.

Plus tôt on se pose la question, plus vite on a une chance d’avoir la réponse. Et donc d’agir en conséquence… Sophie Cluzel, la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, va présenter, ce lundi matin en conseil des Ministres, un plan d’actions destiné à améliorer le dépistage précoce des enfants autistes mais aussi leur scolarisation.

« Aucun enfant autiste ne doit se retrouver sur le bord de la route », prévient-elle dans les colonnes du Journal du dimanche. Et de lister les 90 millions d’euros investis dans le programme et les délais d’attente réduits (de 446 jours en moyenne à six mois) afin de fournir aux parents inquiets un diagnostic précis. Grâce à des plates-formes spéciales, la secrétaire d’État ambitionne ainsi de détecter 35.000 enfants autistes âgés de 0 à 6 ans chaque année en France.

« Que fait-on de ceux qui ont plus de 6 ans ? »

Sur le papier, comme souvent, le programme semble ambitieux. Mais il ne convainc pas toutes les associations qui se portent quotidiennement au chevet des autistes. « C’est très bien de vouloir détecter les jeunes enfants. Mais que fait-on de ceux qui ont plus de 6 ans ?, interroge ainsi Olivia Cattan, la présidente de SOS Autisme et maman d’un autiste âgé de 12 ans. La ministre privilégie les autistes à venir tout en sacrifiant ceux qui sont là aujourd’hui ! »

Pour cela, encore faudrait-il que les professionnels de la santé soient très bien formés. Toujours dans le Journal du dimanche, Sophie Cluzel indique qu’elle souhaite « outiller tous les professionnels (généralistes, médecins de PMI, pédiatres) à repérer les écarts de développement » dès leur apparition. « Elle nous avait déjà dit la même chose il y a deux ans ! Et on attend toujours », tacle encore Olivia Cattan.

Des unités spéciales intégrées dans les écoles

Car le but du gouvernement est bien d’améliorer la scolarisation des enfants autistes. Un temps organisé autour de soins psychiatriques, le traitement de l’autisme se fait depuis quelques années maintenant par le biais de théories comportementales qui prônent l’intégration des autistes dans un milieu dit classique afin de les faire progresser.

Pour cela, Sophie Cluzel prévoit la création de 180 unités d’enseignement maternel supplémentaires. Expérimentés depuis la rentrée dernière, ces espaces intégrés dans les écoles doivent permettre aux enfants autistes de bénéficier de l’enseignement scolaire mais aussi d’interventions médico-sociales spécifiques.

« C’est très bien, réagit Catherine de la Presle, fondatrice de l’association Autisme Espoir vers l’école (AEVE). Les autistes agissent par mimétisme. S’ils sont avec d’autres élèves, ils vont reproduire les gestes et progresser. Mais la vraie question, c’est que faire des enfants autistes avant l’âge de 3 ans ? S’ils sont placés dans les crèches, ils vont souffrir… »

Pour que la secrétaire d’État puisse répondre à cette question, Olivia Cattan propose de l’accueillir chez elle, « en stage pendant une semaine », afin qu’elle découvre ce que c’est vraiment la réalité du quotidien avec un enfant autiste.