Loire-Atlantique: Neuf cas de cancer chez des enfants, l'inquiétude grandit à Sainte-Pazanne

SANTE A Sainte-Pazanne, un collectif appelé « Stop aux cancers de nos enfants » s’est constitué

Julie Urbach

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Comment aborder la douloureuse réalité du cancer avec son enfant?
Comment aborder la douloureuse réalité du cancer avec son enfant? — Pixabay
  • Depuis fin 2015, au moins neuf cas de cancer se sont déclarés chez des enfants de la commune de Sainte-Pazanne.
  • Un collectif de parents demandent à l'Agence régionale de santé le lancement d'une étude qui pourrait expliquer ce chiffre élevé.

Ils ont entre 3 et 19 ans et sont tous originaires de Sainte-Pazanne. Dans cette petite commune de Loire-Atlantique (6.500 habitants), située à une trentaine de kilomètres de Nantes, l’inquiétude est vive alors que les cas de cancer se multiplient chez les enfants du secteur. Au total, au moins neuf d’entre eux, des filles et des garçons, ont développé cette maladie ces trois dernières années. Trois enfants sont décédés et le dernier cas s’est déclaré en février 2019. Des familles, inquiètes, ont décidé ce vendredi de révéler cette triste réalité pour « savoir ce qui se passe » et que « ça s’arrête, enfin ».

Ce n’est pas « la faute à pas de chance »

Marie Thibaud, 39 ans, mère de trois enfants, est à l’origine de la démarche. En décembre 2015, alors que son fils Alban vient de fêter ses 4 ans, les médecins diagnostiquent une leucémie chez le petit garçon. « Une bombe a explosé au-dessus de nos têtes, raconte cette maman. On s’est mis en mode survie, il fallait avancer jour après jour… Et puis au bout de quelques mois, j’ai vu arriver au service oncologie du CHU de Nantes un autre enfant de la commune, puis un autre… En 2017, on en était à quatre cas. J’ai décidé d’alerter l’ARS. »

Un an plus tard, l’Agence régionale de santé reconnaît l’existence d’un « cluster » de cancers, sans pour autant identifier un facteur environnemental. Entre-temps, la maladie a touché d’autres petits. Alors, Marie Thibaud décide de ne pas en rester là. « En février 2019, on nous a annoncé la rémission d’Alban et au même moment, l’un de ses camarades commençait son traitement. C’était terrible, il fallait arrêter de se dire que c’est la faute à « pas de chance » ! En moyenne, un enfant tombe malade tous les six mois ! On veut comprendre, car Sainte-Pazanne ne se situe pas dans une zone à risques. Les chercheurs doivent venir sur place et tout étudier : l’air, l’eau, ce que l’on mange… »

Lancement d’une nouvelle étude

Le collectif « Stop aux cancers de nos enfants » exige la tenue d’une réunion publique au plus vite. Il demande enfin à ce que tous les médecins du secteur soient informés de la situation afin que la maladie puisse être prise en charge de façon la plus précoce possible. L’Agence régionale de santé a depuis saisi l’organisme Santé publique France, pour le lancement d’une nouvelle étude et «poursuivre les investigations». Elle organisera jeudi, à 19h30, une réunion en mairie de Sainte-Pazanne.

Chaque année, environ 2.550 nouveaux cas de cancers sont diagnostiqués chez les enfants et les adolescents, selon l’Institut national du cancer.