VIDEO. Endométriose: «C’est important que les hommes soient en soutien»… Thomas Ramos s’engage contre la maladie

INTERVIEW Le rugbyman Thomas Ramos est le parrain de l’association EndoFrance. L’arrière international du Stade Toulousain veut soutenir les femmes qui, comme sa compagne Sophie, sont atteintes d’endométriose

Propos recueillis par Nicolas Stival

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Thomas Ramos, l'arrière du Stade Toulousain et du XV de France, le 24 janvier 2019 à Marcoussis.
Thomas Ramos, l'arrière du Stade Toulousain et du XV de France, le 24 janvier 2019 à Marcoussis. — B. Guay / AFP
  • Thomas Ramos a demandé à devenir le parrain d’EndoFrance, une association de lutte contre l’endométriose dont la marraine est la comédienne Laëtitia Milot.
  • Sophie, la compagne de l’arrière du Stade Toulousain et du XV de France, souffre de cette maladie gynécologique.
  • Le rugbyman international insiste sur l’importance de l’entourage pour soutenir les femmes victimes d’endométriose.

Depuis des années, la comédienne Laëtitia Milot témoigne de son combat contre l’endométriose. Marraine de l’association EndoFrance, la star de Plus belle la vie, sur France 3, a été rejointe dans sa lutte le mois dernier par le rugbyman Thomas Ramos (23 ans).

Sophie, la compagne de l’arrière du Stade Toulousain, souffre de cette maladie gynécologique. « Le diagnostic a été posé voici trois ans et demi, indique à 20 Minutes le nouvel international, qui a fêté ses quatre premières sélections lors du dernier Tournoi des VI Nations. Sophie a découvert ce qu’elle avait en lisant sur Internet. On s’en est rendu compte au bout d’un an environ. Mais pour certaines femmes, ça dure des années et des années sans qu’elles sachent ce qui se passe. »

Comment êtes-vous devenu parrain d’EndoFrance ?

J’ai écrit au responsable de la région Midi-Pyrénées. Nous l’avons rencontré. Puis, après un échange de mails avec la présidente de l’association et la marraine (Laëtitia Milot), on a convenu que je pouvais être le parrain.

Vous êtes un homme, qui plus est jeune. Vu de l’extérieur, votre engagement peut sembler étonnant…

Je me suis dit que si je ne le faisais pas aujourd’hui, je ne le ferais jamais. Aujourd’hui, j’ai la chance d’être un minimum médiatisé, même si je le suis beaucoup moins que Laëtitia Milot. De plus, dans le rugby, c’est parfois compliqué de parler de ces choses-là, par pudeur… Cela me paraissait important. Je m’en serais voulu si je ne l’avais pas fait.

Comment la maladie impacte-t-elle le quotidien ?

Sophie vit avec cette maladie. Parfois ça va très bien, parfois c’est compliqué. A 24 ans, elle a déjà subi deux opérations. Ce que Laëtitia et toutes ces femmes font, c’est très important. Mais je pense que c’est important aussi que les hommes soient en soutien. Vous êtes avec votre compagne, votre femme ou votre fille, et vous la voyez souffrir. Parfois en silence, car cette maladie amène des femmes qui en sont victimes à se renfermer sur elle-même…

Concrètement, comment votre engagement se manifeste-t-il ?

Pour l’instant, c’est le début : je réponds quand on me pose une question, quand on me demande une interview. Dans les mois et années à venir, j’espère qu’on pourra organiser quelque chose au Stade Toulousain à l’occasion d’un match : un événement, un stand de prévention et de sensibilisation… Ce sont des choses auxquelles je pense même si pour l’instant rien n’a été discuté. Mais j’aimerais que ce soit mis en place, au moins une ou deux fois dans l’année.

Cette maladie reste-t-elle méconnue ?

Depuis quelques années, elle l’est beaucoup moins. Mais cela m’arrive de parler avec des personnes qui ne connaissent même pas le mot. Certes, la maladie est beaucoup moins grave qu’un cancer, mais l’endométriose, c’est aussi au quotidien. Psychologiquement, la femme doit être forte, donc le soutien autour d’elle est très important. Quand ma compagne a eu ses premières douleurs, j’étais le premier étonné. Je pensais que c’était le stress, la pression des études… Au final, quand on a le verdict, on se dit « merde, si j’avais été plus présent dès le début, si je l’avais écoutée, peut-être qu’elle aurait senti que j’étais avec elle ».

En parlez-vous avec vos coéquipiers ?

Au club, les joueurs dont je suis proche, que je vois à l’extérieur, savent tout ce qui arrive à Sophie. On en parle assez librement, ils me demandent comment elle va. Vraiment, je n’ai pas de mal à en parler.