Rennes: Pourquoi le personnel de la meilleure clinique de France est en grève

SOCIAL Un mouvement de grève illimité se poursuit depuis lundi au CHP Saint-Grégoire

Jérôme Gicquel

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La mobilisation est très suivie au CHP Saint-Grégoire avec près de 300 salariés qui étaient en grève lundi matin.
La mobilisation est très suivie au CHP Saint-Grégoire avec près de 300 salariés qui étaient en grève lundi matin. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • Le mouvement de grève débuté lundi se poursuit au centre hospitalier privé de Saint-Grégoire, près de Rennes.
  • Le personnel réclame des effectifs supplémentaires et une revalorisation salariale.
  • Depuis neuf ans, l’établissement est classé meilleure clinique de France par le magazine Le Point.

Ils ont laissé les blouses blanches au placard pour la deuxième journée consécutive ce mardi, formant une longue chaîne humaine entre la clinique et le centre commercial Leclerc. Le mouvement de grève démarré lundi à l’appel d’une intersyndicale (CFDT, CGT et Sud) au centre hospitalier privé de Saint-Grégoire, au nord de Rennes, a été massivement reconduit pour la journée de mercredi. 

« On a vu la direction ce matin mais on nous répond toujours la même chose », déplore Morgane Le Bihan, syndicaliste Sud Santé. « Ils veulent bien parler des conditions de travail mais sans évoquer les salaires. On veut des engagements concrets. »

Une mobilisation massive

Entre 300 et 350 grévistes - dont une cinquantaine réquisitionnés par la direction dans les services - étaient encore recensés ce mardi. Une mobilisation massive et assez inédite dans cet établissement classé meilleure clinique de France depuis neuf ans par le magazine Le Point.

Les salariés de la clinique dénoncent des conditions de travail qui se dégradent.
Les salariés de la clinique dénoncent des conditions de travail qui se dégradent. - J. Gicquel / 20 Minutes

Mais pour le personnel, qui dénonce depuis plusieurs mois des cadences infernales et un manque de moyens, ce classement est un trompe l’œil. « Tous les services sont en manque d’effectif. Du coup, les salariés sont en souffrance avec des arrêts de travail qui se multiplient », indique Rozenn Cotto, déléguée CFDT. « Les plannings changent tout le temps, la direction ferme des lits avant de les rouvrir en urgence. On manque clairement de visibilité et cela désorganise totalement les services », poursuit Fabienne Le Buhan, déléguée CGT.

Ils réclament une revalorisation salariale

Avant que le préavis soit déposé vendredi, des discussions ont été engagées avec la direction sur la question des effectifs. Mais elles n’ont pour l’heure débouché sur « aucune avancée concrète », estiment les syndicats. « Plutôt que de racheter des cliniques à tout-va, le groupe Vivalto Santé ferait bien d’abord d’investir dans du personnel », indique Albane Hochet, du syndicat Sud Santé Sociaux.

En plus des effectifs, les revendications des salariés de la clinique portent aussi sur les salaires. « La dernière augmentation n’a été que de 0,5 % en 2017. C’est clairement insuffisant », martèle Rozenn Cotto. Autrefois source de fierté pour le personnel, la publication du classement du Point a d’ailleurs fait grincer des dents l’an dernier. « La direction se vante à chaque fois de cette première place. Par contre, le personnel n’a jamais le droit à une reconnaissance financière », souligne Fabienne Le Buhan.

Des recrutements en cours selon la direction

Contactée par 20 Minutes, la direction de la clinique indique avoir reçu une première fois les représentants syndicaux lundi après-midi. Elle précise toutefois que des recrutements «ont déjà été effectués ou sont en cours», évoquant notamment l’embauche de 11 CDD longue durée et de deux infirmiers et deux aides-soignants en CDI. «Tout le monde n’est pas encore arrivé. Il faut laisser encore un peu de temps pour que tout soit en ordre de marche», estime-t-elle.

Ce mardi, la direction a annoncé dans un communiqué qu'elle avait proposé, lors de la réunion s'étant tenue le matin-même, «d'aborder immédiatement les mesures relatives aux conditions de travail» et «d’ouvrir la négociation sur les salaires dans le cadre de la négociation annuelle obligatoire le 23 avril prochain». «A la suite de cette proposition, l’intersyndicale a refusé de poursuivre toute discussion sans réponse
immédiate sur les demandes de revalorisation salariale», a-t-elle ajouté.