Les tests d'angine en pharmacie vont être généralisés et remboursés

SOINS Le prélèvement sera réalisé dans la gorge du patient au moyen d’un long coton-tige 

20 Minutes avec AFP

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Une enseigne de pharmacie à Paris (illustration).
Une enseigne de pharmacie à Paris (illustration). — Clément Follain / 20 Minutes

C’est désormais officiel. Les tests rapides permettant de vérifier si une angine est virale ou bactérienne pourront être utilisés dans toutes les pharmacies à partir du 1er janvier 2020 et seront pris en charge par la Sécurité sociale, pour éviter la prescription d’antibiotiques inutiles.

« Environ 10 % des prescriptions d’antibiotiques correspondent à un traitement pour angine (9 millions de cas chaque année) alors que 80 % des angines sont dues à des virus, donc ne nécessitent pas d’antibiotique », a souligné Matignon, avant la tenue dans l’après-midi d’un Comité interministériel consacré à la santé.

« Un test insuffisamment utilisé »

Des Tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) existent, pour différencier rapidement les angines virales des angines bactériennes. Un prélèvement est réalisé dans la gorge du patient au moyen d’un long coton-tige puis est analysé avec des liquides réactifs, et le résultat est disponible en 5 à 10 minutes. Mais « ce test est insuffisamment utilisé », juge le gouvernement.

Les médecins généralistes peuvent le pratiquer lors de leurs consultations, et 40 % en ont commandé gratuitement en 2017. Une expérimentation est par ailleurs menée dans 600 pharmacies, mais le coût du test (environ 10 euros) n’était jusqu’ici pas pris en charge par la Sécurité sociale.

En cas de test positif, le pharmacien redirigera le patient vers son médecin

« D’ici le 1er janvier 2020, les tests TROD angine seront réalisables par les pharmaciens », après une phase de « concertation avec les professionnels de santé » au cours de l’année 2019, a précisé Matignon. En cas de test positif, le pharmacien redirigera le patient vers son médecin traitant pour qu’il lui prescrive des antibiotiques.

La surconsommation et la mauvaise utilisation des antibiotiques contribuent au développement de bactéries résistantes aux traitements, un phénomène considéré comme un « problème majeur de santé publique ».