Strasbourg: Les écologistes demandent à la ville d'organiser la collecte et la redistribution de protections hygiéniques

SANTE Le groupe des élus écologistes à la ville de Strasbourg a déposé une motion pour le conseil municipal du lundi 25 mars

Alexia Ighirri

— 

Strasbourg: Les écologistes demandent à la ville de s'engager sur les protections périodiques (Illustration)
Strasbourg: Les écologistes demandent à la ville de s'engager sur les protections périodiques (Illustration) — M. Libert / 20 Minutes
  • Le groupe des élus écologistes de Strasbourg a déposé une motion, baptisée « Droits des femmes, santé, environnement : levons le tabou des protections périodiques », pour le conseil municipal du lundi 25 mars.
  • Les écologistes veulent que la ville de Strasbourg se saisisse du sujet des protections hygiéniques, en permettant notamment d’accompagner et coordonner la collecte et la redistribution de tampons, serviettes et autres produits à destination des femmes en précarité.
  • Il est aussi demandé à la collectivité de soutenir le développement aux alternatives comme les coupes menstruelles ou serviettes lavables.

Parce que le « sujet commence à émerger, même s’il reste tabou », que des initiatives commencent à être prises et qu’il y a « des expressions sur la question de la précarité menstruelle », le groupe des élus écologistes de Strasbourg demande à la ville de s’engager. Il a ainsi déposé une motion, baptisée « Droits des femmes, santé, environnement : levons le tabou des protections périodiques », pour le conseil municipal du lundi 25 mars.

Par ce biais, les écologistes veulent que la collectivité se saisisse du sujet, en permettant notamment d’accompagner, voire cadrer, la collecte et la redistribution de tampons, serviettes et autres protections hygiéniques à destination des femmes en précarité : « Les sans-abri, les étudiantes, les travailleuses pauvres, les demandeuses d’emploi ou encore les détenues, liste Jeanne Barseghian, conseillère municipale coprésidente du groupe écologiste à la ville. Des initiatives se développent ici par des associations féministes, entre autres. Mais il y a besoin de plus de visibilité et de pouvoir organiser la collecte et la redistribution de manière plus large. Selon nous, la ville a un rôle de coordinateur. »

Cette dernière dit avoir encore tout juste découvert une nouvelle initiative : celle du salon de beauté Sacro Corpus, dans le quartier de la Krutenau. Le collectif Golden Z - Les Louisettes ou celui des Copines ont, de leur côté, mis en place des boîtes à dons sur le campus de l’université de Strasbourg et à Sciences-Po. Le but pour la ville serait donc de mieux coordonner les actions privées ou associatives.

Il y a des exemples en France : hormis l’université de Lille, les villes de Paris ou Lyon se sont déjà emparées du sujet. Ailleurs en Europe, le gouvernement écossais a par exemple décidé la distribution gratuite de protections hygiéniques pour les étudiantes les moins riches.

De la pédagogie et un soutien aux alternatives

Outre cette demande sur la coordination de ces boîtes à dons, et alertés par un rapport de l'Anses de juillet 2018 sur la liste de substances chimiques identifiées dans les produits de protections intimes, les écologistes souhaiteraient que la ville de Strasbourg soutienne le développement aux alternatives comme les coupes menstruelles ou serviettes lavables. Et qu’elle participe plus largement à la pédagogie et à l’information au grand public, « à travers des campagnes, des ateliers, ou autres, pour que les femmes sachent qu’elles ont le choix, sans rien imposer en revanche », poursuit Jeanne Barseghian.

Sans compter que le développement d’alternatives participerait à la diminution du nombre de serviettes ou tampons jetables parmi le volume de déchets, que Strasbourg cherche à réduire.