Cannabis fort en THC: Un risque de troubles mentaux confirmé par une nouvelle étude

PSYCHOSE L'étude a analysé le lien entre les cannabis à forte concentration de THC et les épisodes de psychose chez les sujets

20 Minutes avec agences

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Un homme fume du cannabis (Illustration).
Un homme fume du cannabis (Illustration). — KONRAD K./SIPA

La consommation quotidienne de variétés fortes de cannabis causerait cinq nouveaux cas de troubles mentaux sur dix à Amsterdam (Pays-Bas) et trois sur dix à Londres. C’est le résultat d’une nouvelle étude publiée ce mercredi dans la revue The Lancet, qui vient confirmer de précédentes études.

L’étude a porté sur 901 patients et 1.237 sujets en bonne santé de six pays en Europe et au Brésil. Les cannabis à haute teneur en THC (au-delà de 10 %) comme la « Super Skunk » ou « Dutch Nederwiet » sont largement disponibles dans les deux villes européennes mises en avant.

Une causalité pas établie, mais prudence quand même

Sans ces produits, « 12 % des cas d’un premier épisode de psychose pourraient être prévenus », selon la Dr Mrti Di Forti, autrice principale de l’étude. Cette proportion atteindrait « 30 % à Londres et 50 % à Amsterdam ». Les personnes fumant du cannabis tous les jours risquent trois fois plus un épisode de psychose que celles n’en ayant jamais pris. Un risque cinq fois plus élevé si le cannabis consommé a une forte concentration en THC.

L’étude conforte l’idée qu’il faut éviter le cannabis à forte teneur en THC dans sa consommation récréative, selon le psychiatre britannique Michael Bloomfield. Il faut aussi « prendre des précautions lors du traitement de patients avec des produits dérivés du cannabis », ajoute-t-il.

Mais le chercheur Amir Englund rappelle que le lien de causalité entre cannabis fort et épisode de psychose n’est pas encore avéré. « Etant donné que la question de la causalité ne sera probablement jamais vraiment prouvée », explique-t-il, « nous devons assumer le pire et tenter de réduire la consommation fréquente de formes plus fortes de cannabis en particulier chez les personnes vulnérables face à la psychose. »