Papillomavirus: Un collectif scientifique appelle à la vaccination indifférenciée des garçons et des filles

CANCER Cette vaccination est déjà recommandée et remboursée en France pour les jeunes filles de 11 à 14 ans mais seules 20% d'entre elles sont vaccinées

20 Minutes avec AFP

— 

Les jeunes garçons ne sont pas suffisamment vaccinés.
Les jeunes garçons ne sont pas suffisamment vaccinés. — SAUL LOEB / AFP

Vacciner les filles et les garçons pour éradiquer le papillomavirus. Cinquante sociétés savantes et syndicats médicaux appellent les pouvoirs publics pour une « vaccination universelle gratuite ou remboursée, sans distinction de sexe ou de risque » contre ce virus responsable de nombreux cancers.

Ce collectif scientifique préconise dans la même optique « d’élimination des cancers induits » par ces virus, d’augmenter la couverture vaccinale des populations déjà ciblées en rétablissant activement la vérité scientifique et donc la confiance vis-à-vis de « ces vaccins très bien tolérés ».

20 % seulement des filles vaccinées

Il s’agit également « d’organiser un dépistage efficace» avec l'utilisation des tests de détection de la présence de ces virus dans des prélèvements de cellules. L’appel rendu public mercredi réunit des académies (médecine, chirurgie, pharmacie, sciences infirmières), des collèges et syndicats professionnels (infirmiers, de sages-femmes, CSMF…) et institutions (Ligue contre le Cancer, agence de l’OMS pour le cancer/CIRC/IARC) et des personnalités comme les Prs René Frydman (gynéco-obstétrique) et Alain Fisher (immunologie pédiatrique, Collège de France).

Cette vaccination est déjà recommandée et remboursée en France pour trois populations : les jeunes filles de 11 à 14 ans (rattrapage possible jusqu’à 19 ans révolus) ; les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes (HSH) jusqu’à 26 ans, et les patients immunodéprimés. « Cette politique de prévention peine à atteindre ses objectifs : la couverture vaccinale chez les jeunes filles avoisine les 20 %, loin de l’objectif fixé par le plan Cancer (60 %) », souligne le collectif.

Un avis rendu cette année

Dans ces conditions, poursuit-il les jeunes filles insuffisamment vaccinées, et les jeunes garçons, qui ne bénéficient ni de la vaccination, ni d’une protection indirecte via une couverture vaccinale élevée chez les filles, ni d’un dépistage sont particulièrement exposés au risque d’infection par les papillomavirus (PVH/HPV). Un tiers des cancers liés à ces virus et la moitié des verrues génitales touchent les hommes.

En France, plus de 6.300 cancers par an sont liés aux papillomavirus : col de l’utérus (2.900), pharynx (amygdales, 1.400), anus (1.512), vulve, vagin, pénis (500). De surcroît, ces virus sont impliqués dans près de 35.000 lésions précancéreuses du col utérin dont les traitements exposent à des risques (accouchement prématuré et/ou fausses couches).

Ils sont également à l’origine de quelque 100.000 diagnostics de verrues génitales avec des récidives fréquentes et des traitements retentissant sur la vie sexuelle et affective. La Haute autorité de santé (HAS) devrait rendre cette année un avis sur l’opportunité d’étendre la vaccination aux garçons.