Pour avoir un joli sourire, les adultes se laissent séduire par les appareils dentaires

SOURIRE De plus en plus d’adultes n’hésitent plus à se faire poser un appareil dentaire pour surmonter leurs complexes et retrouver un joli sourire

Anissa Boumediene

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De plus en plus d'adultes se font poser un appareil dentaire pour corriger leur dentition.
De plus en plus d'adultes se font poser un appareil dentaire pour corriger leur dentition. — Align Technology
  • Beaucoup d’adultes complexés par leurs dents se font poser un appareil dentaire pour corriger leur dentition.
  • Une démarche qui requiert un investissement financier.
  • Méthode, coût, prise en charge : à l’occasion ce mercredi de la journée mondiale de la santé bucco-dentaire, 20 Minutes vous aide à y voir plus clair si vous voulez franchir le cap.

Un sourire de star, avec des dents éclatantes de santé et parfaitement alignées, c’est un peu ce dont tout le monde rêve. Il y a les chanceux qui ont naturellement une belle dentition et ceux qui sont passés par la case appareil dentaire durant l’enfance. Mais pour ceux qui, devenus grands, ne sont pas satisfaits de leur sourire, il n’est pas trop tard. A l’occasion ce mercredi de la Journée mondiale de la santé bucco-dentaire, 20 Minutes s’intéressent à ceux qui se font poser un appareil dentaire à l’âge adulte. Prise en charge, douleur, méthodes et coût, on vous explique tout.

Croissance, dents de sagesse et soucis dentaires

Normalement, les bagues ornent seulement les quenottes des collégiens. Mais « il arrive que le résultat du traitement orthodontique reçu durant l’enfance ne dure pas, s’il a été pratiqué pendant la croissance de l’enfant et mal consolidé », explique Emmanuel Frèrejouand, orthodontiste et membre de la Fédération française d'orthodontie. Ainsi, Camille a « eu des bagues à 8 à 13 ans, mais je n’ai pas eu de dispositif permettant de garder mes dents alignées et comme ma croissance n’était pas terminée, mes dents ont bougé », explique la jeune femme.

Dans bien des cas aussi, des enfants passent entre les mailles du filet, et certains ados refusent. Parfois aussi, ce sont les dents de sagesse qui viennent mettre le bazar dans des dentitions jusque-là alignées, comme l’a vécu Sébastien : « J’ai décidé de me faire poser des bagues à 35 ans à cause d’une dentition disgracieuse. En poussant, mes dents de sagesse ont déplacé mes autres dents ». Mais « il arrive aussi que des soucis dentaires apparaissent avec l’âge et menace la santé bucco-dentaire du patient adulte, et que cela nécessite la pose d’un appareil », ajoute le praticien. C’est ce qui s’est passé pour Ali, 25 ans, qui « porte un appareil depuis deux ans. J’ai dû me faire poser un appareil parce que mon dentiste m’a dit qu’à terme, mes dents risquaient de se déchausser ».

« Mes dents m’ont toujours complexée »

Le plus souvent, c’est un complexe bien tenace qui pousse les adultes à se faire poser un appareil dentaire. « Mes dents m’ont toujours complexée, confie Déborah, 27 ans. Ma mâchoire était trop petite pour toutes mes dents du coup elles n’étaient absolument pas alignées, poursuit la jeune femme, qui porte un appareil depuis un an. Il me reste un peu plus d’un an de traitement mais déjà, ma dentition a complètement changé, ça bouge très vite ». Adolescente, Julie a déjà porté un appareil dentaire, « mais mes incisives ont bougé à l’âge adulte pour finir par se chevaucher, et cela m’a beaucoup complexée, je trouvais que cela se voyait lorsque je souriais ».

Un complexe qui ne touche pas que les femmes. « Je me suis fait poser un appareil dentaire à 22 ans, je rentrais dans la vie active et mon sourire me faisait honte, je mettais sans cesse la main devant la bouche quand je riais pour cacher mes dents », raconte Sylvain. Maxime, lui, s’est fait poser un appareil il y a un peu plus d’un an, à l’âge de 20 ans, « pour avoir un plus beau sourire et une meilleure dentition, je suis très complexé par cette partie de moi et trouve que cela joue en ma défaveur, tant dans ma vie professionnelle que personnelle, estime le jeune homme. Un joli sourire est toujours plus agréable à regarder et renvoie aux autres une image très positive : on semble plus heureux, plus en confiance et plus sympathique ».

Trois méthodes de correction dentaire

« Il y a trois méthodes de correction dentaire », indique le Dr Frèrejouand. La première, dont les adolescents sont les premiers ambassadeurs, est celle « des attaches – ou bagues — collées sur la face externe des dents. Elles peuvent être en métal ou en céramique, pour un rendu plus discret », décrit l’orthodontiste. « J’ai choisi des bagues en métal car cela ne jaunit pas et que c’est moins cher », explique Audrey, 44 ans. Ali, lui, a opté « pour des bagues en céramique, c’est plus discret pour un adulte ».

Côté douleur, « l’appareil dentaire ne fait pas mal, rassure l’orthodontiste. Il peut y avoir des sensations désagréables lors de la pose et lorsqu’on le resserre à intervalles réguliers, mais cela ne dure que quelques jours et ne nécessite que des antalgiques classiques ». Mais « il faut laisser le temps à sa bouche de s’habituer à ce corps étranger, ajoute Audrey : ça gratte, on zozote, on sent les dents qui bougent, c’est plus sensible ». Déborah, elle, a eu « très mal après la pose, mais on s’y habitue très vite ».

Autre méthode : « l’orthodontie linguale, poursuit le Dr Frèrejouand. Là, les bagues – en métal — sont collées sur la face interne des dents, c’est totalement invisible. Enfin, il y a les gouttières en plastique, une méthode très en vogue auprès des adultes parce qu’elle est quasiment invisible. C’est assez bien toléré, mais cela requiert une grande observance de la part du patient, car ces gouttières amovibles doivent être portées au moins 22 heures par jour ». Après une empreinte ou un scanner numérique des dents, ces aligneurs « sont réalisés dans un matériau quasi-transparent et sur-mesure, grâce à l’impression 3D et s’adaptent ainsi à chaque patient », explique-t-on chez Invisalign, la marque leader du secteur. Les gouttières sont changées tous les 7 à 15 jours selon le traitement. Un dispositif très discret qui séduit de plus en plus d’adultes, dont Anais, 33 ans : « J’ai un appareil Invisalign pour rectifier l’alignement de mes dents qui me complexe depuis toujours. Ces gouttières ont l’avantage d’être transparentes, ça passe quasiment inaperçu ». Un argument qui a aussi convaincu Camille, pour qui il était « hors de question de reporter des bagues ! »

« Fixer le résultat »

Côté efficacité, « les études démontrent que pour un mauvais alignement dentaire de sévérité moyenne, l’efficacité de ces trois dispositifs sera comparable, assure le Dr Frèrejouand. En revanche, pour un problème particulièrement difficile, seuls les traitements avec des bagues garantiront un résultat vraiment efficace ». La durée du traitement, déterminée au cas par cas, « peut être de six mois pour un réalignement simple des dents de devant, indique l’orthodontiste. Si le patient a besoin d’un traitement complet et d’une chirurgie de la mâchoire, il peut être amené à porter son appareil pendant deux ans et demi. En moyenne, le traitement orthodontique de l’adulte durera 18 mois, contre deux ans pour un ado ». Une durée durant laquelle « l’hygiène dentaire doit être irréprochable », insiste l’orthodontiste.

Puis, « une fois le traitement terminé, il faut fixer le résultat en mettant en place une contention, souligne le Dr Frèrejouand : soit un fil collé aux faces internes des dents, soit une gouttière à porter la nuit. Une contention à porter le plus longtemps possible et qui doit faire l’objet d’un suivi régulier par son praticien ». Camille, qui ne porte plus d’appareil aujourd’hui, a « deux fils fixés à l’arrière de mes dents du haut et du bas pour maintenir mes dents alignées », confirme-t-elle.

Etre prêt à casser sa tirelire

Envie de vous offrir un beau sourire ? Pour cela, il faut être prêt à casser sa tirelire. « Après l’âge de 16 ans, le traitement orthodontique n’est plus pris en charge par la Sécurité sociale, sauf en cas de problème spécifique de la mâchoire, partiellement prise en charge », précise le Dr Frèrejouand. Avec un peu de chance et une bonne prospection, on peut bénéficier d’une prise en charge partielle de sa mutuelle. Quelle que soit la méthode choisie, s’offrir un beau sourire à l’âge adulte coûte cher. Sylvain, qui a opté « pour des bagues transparentes », a déboursé « 4.500€ pour retrouver un joli sourire, sans remboursement de la sécu ni aucune aide de la mutuelle. Je conseille aux adolescents qui comme moi ne voulaient pas en porter un de le faire car plus tard vous risquez fortement de le regretter ». Mélanie, qui a opté pour des gouttières transparentes, n’a « bénéficié d’aucune prise en charge de la mutuelle, ça m’a coûté 6.000 euros ». Mais certaines mutuelles prennent en charge une partie des soins. « J’ai une prise en charge très intéressante avec ma mutuelle, mon appareil m’a coûté environ 250 euros par semestre, sur quatre semestres au total ».

Mais l’investissement ne rebute pas les plus motivés. « C’est cher, mais ça vaut le coup, rien que pour la confiance en soi », estime Ali. Justine, elle, « le referai [t] sans hésiter, je suis hypercontente de l’avoir fait : aujourd’hui, l’apparence c’est très important ». Si c’était à refaire, « je le referais, même si ce n’est pas une partie de plaisir, consent Sébastien. Le jeu en vaut largement la chandelle ». Et ce n’est pas Camille, qui a « enfin retrouvé le plaisir de sourire », qui le contredira. Une démarche que l’on peut faire à tout âge : « J’avais 69 ans quand je me suis fait poser un appareil transparent », indique Liliane, qui voulait corriger ses « dents de travers. Et aujourd’hui, je suis ravie, j’ai retrouvé mon sourire ».