Manque de sommeil: Pour mieux dormir, abandonnez les écrans

VOUS TÉMOIGNEZ Pour la première fois depuis que le sommeil est analysé sur le plan épidémiologique, les nuits des Français durent en moyenne moins de 7 heures, notamment à cause des écrans

Pierre Cloix

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La «lumière bleue» des écrans trouble l'hormone responsable du sommeil
La «lumière bleue» des écrans trouble l'hormone responsable du sommeil — Illustration/Pixabay
  • Les nuits des Français sont trop courtes selon le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l’agence sanitaire Santé publique France.
  • A moins de sept heures de sommeil, les conséquences sur la santé sont lourdes, incluant risque cardiaque, surpoids et accidents.
  • Les écrans sont pointés du doigt dans la perturbation du sommeil.
  • Nos lecteurs témoignent de leur influence néfaste et des solutions qu’ils ont trouvées pour y remédier.

Les yeux fermés, impossible de s’endormir. Cette sensation vous la connaissez tous ou presque. Et pour cause : en France, on n’a jamais aussi peu dormi. Si cela peut paraître anodin pour certains, il est à noter que ces carences en sommeil ne sont pas sans conséquences. Risque plus élevé d’obésité, d’hypertension, de pathologies cardiaques et d’accidents, mal ou peu dormir se paie cher.

 

Vade retro lumière bleue

L’un des principaux ennemis de vos douces nuits est facilement identifiable : rectangulaires et lumineux, les écrans portent leur part de responsabilité d’un repos de mauvaise qualité, et vous êtes nombreux à en avoir fait l’expérience. L’une de nos internautes, Kalye, explique : « J’ai constaté que malgré une grosse fatigue et une envie extrême de dormir tout peut changer si on manipule son smartphone au moment où nous avons sommeil. Après une utilisation de plus d’une heure impossible de le trouver ! » Nos écrans et la lumière bleue qu’ils produisent nous empêcheraient ainsi de dormir. C’est même scientifiquement prouvé : celle-ci trouble le rôle de la mélatonine, hormone favorisant l’endormissement.

 

Mais, au-delà de l’aspect strictement physique, vous soulevez une autre problématique : « J’avais tendance à toujours suivre un nouveau lien ou ouvrir telle ou telle application sans vrai besoin ni envie, et à prolonger inutilement le temps passé à regarder des écrans pour finalement ne pas en tirer grand-chose d’enrichissant. » raconte Capucine, « Le téléphone est devenu une addiction : impossible de m’en passer au moins 30 minutes au moment de me coucher, et 10 minutes le matin au réveil… », ajoute Raphaël. Un phénomène d’errance, de post en post et de tweets en tweets, qui repousse lui aussi le moment où l’on parvient enfin à enlacer Morphée.

Trucs et astuces

Maintenant que c’est acté, que fait-on ? Vous avez pointé plusieurs solutions pour réduire l’impact des écrans sur votre sommeil. « J’ai activé le mode nuit (qui coupe la lumière bleue) sur tous les écrans, c’est suffisant. On peut également utiliser le mode sombre (qui enlève tout le blanc pour le remplacer par du noir) sur la plupart des applications (Twitter, etc..) », conseille Maxime. Ce « mode nuit », Adrien aussi l’a adopté : « Mes écrans sont programmés pour devenir jaunes deux heures avant le coucher (Night Shift, Apple). L’objectif c’est tout d’abord de se fixer une heure et de ne pas y déroger. »

Certains d’entre vous préfèrent encore ne pas prendre le moindre risque : « A la maison pas de télévision le soir, ni d’ordinateur et plus de téléphone après 19h pour les enfants (l’application Family Link permet de bloquer les portables et autres appareils). », Dans la famille d’Amandine, on ne laisse rien au hasard.

La lecture, solution miracle ?

Vos collègues et amis vous l’ont certainement déjà conseillé, la lecture semble être le Saint-Graal des paupières lourdes et des doux rêves. Vous êtes nombreux à l’avoir adoptée et, pour la majorité d’entre vous, ça a l’air de plutôt bien fonctionner : « J’ai découvert au grenier des bouquins que je n’avais pas lus depuis très longtemps. Je m’y suis replongée, et je peux garantir que je sombre le soir avant d’avoir eu le temps de dire ouf, au bout de quelques pages seulement, confortablement installée. Parfois même, il m’arrive de relire une dizaine de fois la même ligne avant de me dire raisonnablement qu’il faille abandonner l’idée de suivre. », Explique Justine. Littérature 1, insomnie 0.

« Dès que je me couche je bouquine plutôt que traîner sur les réseaux. Du coup mon sommeil vient tout naturellement, je glisse en douceur et ma nuit commence ! Je ne tourne plus du tout, je ne ressasse pas mes problèmes ou ma journée quand celle-ci a été compliquée. », Complète Olivier. Et si, finalement, le marchand de sable distribuait romans et nouvelles depuis le début ?