La première mutuelle de France appliquera le reste à charge zéro dès juillet

SOINS Cette réforme prévoit un remboursement intégral par l'Assurance-maladie et les complémentaires santé de certaines lunettes, prothèses dentaires et auditives d'ici à 2021

20 Minutes avec AFP

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Illustration d'une carte vitale.
Illustration d'une carte vitale. — ALLILI MOURAD/SIPA

Harmonie Mutuelle a annoncé ce lundi qu’elle appliquerait dès juillet dans ses réseaux de soins la réforme du reste à charge zéro. Cette réforme prévoit un remboursement intégral par l'Assurance maladie et les complémentaires santé de certaines lunettes, prothèses dentaires et auditives d’ici à 2021.

Avec « près de deux ans d’avance », la première mutuelle de France a décidé « de mettre en œuvre intégralement les paniers de soins sans reste à charge dans ses réseaux conventionnés (5.200 centres d’optique, 3.500 centres d’audition, 3.200 dentistes) dès juillet 2019 », écrit-elle dans un communiqué.

Pas de hausse de cotisation

« Cela signifie que les adhérents individuels d’Harmonie Mutuelle qui iront dans les enseignes des réseaux conventionnés pourront choisir parmi une gamme d’équipements dont le reste à charge sera nul ou maîtrisé », précise la mutuelle. « La compensation se fera alors par le versement automatique d’une prestation complémentaire », détaille-t-elle.

Pour les entreprises clientes et leurs salariés, la mutuelle invite à « renégocier » les contrats collectifs, leurs adhérents pouvant « solliciter le fonds d’action sociale » du groupe « en cas de reste à charge pénalisant ». Harmonie Mutuelle, qui revendique plus de 4,6 millions de clients, assure par ailleurs qu’elle « ne procédera à aucune hausse de cotisation pour gérer cette anticipation ».

Accusations de sabotage

Elle entend ainsi « réaffirmer son engagement » dans la lutte contre « le renoncement aux soins pour raisons financières ». Promesse de campagne d'Emmanuel Macron, le reste à charge zéro doit entrer en vigueur par étapes. Une concertation avec l’ensemble des acteurs du secteur avait abouti à la définition d’un panier « 100 % santé », accessible à tous les assurés et pris en charge à 100 % par l’Assurance-maladie et les complémentaires santé (mutuelles, institutions de prévoyance, assurances).

En décembre, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, avait accusé certaines complémentaires de «saboter» la réforme et rappelé « leur engagement » de ne pas l’utiliser pour justifier des hausses de prix. La Mutualité française, qui fédère une grande partie des mutuelles, avait dans la foulée proposé « d’accélérer » sa mise en place avec un déploiement « dès le second semestre 2019 ».

Elle avait appelé « l’ensemble des acteurs concernés – les pouvoirs publics, l’Assurance-maladie, les complémentaires et les professionnels de santé – à se mobiliser », en précisant que « naturellement, les établissements mutualistes s’y inscriraient et proposeraient les paniers de soins à reste à charge zéro ».