OdySight, le jeu vidéo médical qui permet de garder sa vue à l’œil

APPLI Grâce à OdySight, les patients victimes de maladies ophtamologiques telles que la DMLA peuvent surveiller leur vue

Nicolas Stival

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Jeu vidéo mobile médical, OdySight s'adresse aux patients victimes de certaines maladies ophtalmiques.
Jeu vidéo mobile médical, OdySight s'adresse aux patients victimes de certaines maladies ophtalmiques. — N. Stival / 20 Minutes
  • Le jeu vidéo médical OdySight est notamment utilisé par un ophtalmologiste de Montauban.
  • Prescrite par le médecin, cette application permet aux patients victimes de maladies de la rétine, dont la DMLA, se surveiller régulièrement leur vue.
  • En cas de problème, une alerte est envoyée à l'ophtalomologiste.

André, 75 ans, l’assure : l’appli mobile OdySight a changé sa vie. Comme près d’un million de personnes en France, le septuagénaire souffre de dégénérescence maculaire liée à l’âge, ou DMLA. Une maladie de la rétine qui fait voir flou, déformé, avec une tache au centre de la vision. André fait partie des 70 patients de la clinique Honoré-Cave de Montauban, âgés de 31 à 82 ans, à utiliser OdySight depuis septembre dernier.

Ce jeu vidéo médical, pour smartphones et tablettes, est développé par la société parisienne Tilak Healthcare. « A Montauban, on peut être à la pointe de la technologie », plaisante Vincent Gualino. Ophtalmologiste dans l’établissement, mais aussi au CHU de Toulouse et à l’hôpital Lariboisière de Paris, il est un fan absolu de « cette appli faite par des gamers ».

Le docteur Vincent Gualino, ophtalmologiste à la clinique Honoré-Cave de Montauban.
Le docteur Vincent Gualino, ophtalmologiste à la clinique Honoré-Cave de Montauban. - N. Stival / 20 Minutes

Le principe : tous les trois ou quatre jours, pendant un quart d’heure, le patient teste son acuité visuelle, un œil après l’autre, en faisant glisser son doigt vers la direction qu’indique une lettre sur l’écran, de plus en plus petite. Si les résultats sont mauvais, l’ophtalmo, prévenu par une alerte mail, contacte l’utilisateur pour convenir d’un rendez-vous rapide. Le patient peut ainsi être rapidement soigné, généralement par injections intraoculaires, ce qui permet d’éviter des lésions irréversibles.

« Cela ne remplace pas l’ophtalmo, cela optimise la prise en charge, explique le Dr Gualino. Cela permet de voir la bonne personne au bon moment. » Pas du luxe dans une profession qui, comme d’autres, voit fondre le nombre de spécialistes : 5.500 aujourd’hui, contre 3.600 attendus en 2030.

Disponible sur ordonnance

OdySight est disponible sur ordonnance, et ne peut être activé que grâce à un code envoyé au patient. « On sait où on en est, apprécie André. Cela rassure, c’est un complément, simple et ludique. »

Ludique ? Oui, car passer le test débloque des « crédits » qui, tels les pièces d’un franc dans les bornes d’arcade d’antan, permettent d’accéder à un jeu de puzzles, au graphisme à la Zelda. « Comme le jeu est addictif, ça pousse à faire des tests », relève le Dr Gualino.

Un cercle vertueux, gratuit pour la clinique et le patient. OdySight s’adresse pour l’heure seulement aux maladies de la rétine, et est utilisée aussi à Créteil, Rouen, ou à Paris, aux Quinzes-Vingts. En attendant un déploiement national et même mondial, à commencer par Pittsburgh, aux Etats-Unis, dès le troisième trimestre.

Pour se financer, la société Tilak Healthcare annonce le soutien pendant deux ans d’un « groupe industriel » non précisé. Elle espère ensuite convaincre la Sécu des bienfaits de son jeu, afin d’obtenir un remboursement, et vendre aussi OdySight à des laboratoires pour des essais cliniques.