Montpellier : Un projet de recherche inédit pour tenter de percer les secrets de l'autisme

SANTE Jusqu'à 850 enfants vont être suivis pendant plusieurs années au CHU de Montpellier

Nicolas Bonzom

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Le Centre de ressources sur l’autisme du CHU de Montpellier.
Le Centre de ressources sur l’autisme du CHU de Montpellier. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Le CHU a lancé un vaste programme de recherche, qui consiste à suivre une cohorte de 800 enfants et adolescents, âgés de 2 à 16 ans, qui présentent des troubles du spectre autistique.
  • Pendant six ans, chaque patient sera suivi par une équipe de cliniciens et de chercheurs pluridisciplinaires.
  • Cette étude pourrait permettre d’identifier des facteurs de risque, de mettre en place des mesures de prévention plus adaptées, des traitements plus ciblés, et ainsi contribuer à améliorer la qualité de vie des individus touchés par ces pathologies.

A Montpellier, le projet Elena attire les regards de la communauté médicale du monde entier. Le CHU a lancé un vaste programme de recherche, qui consiste à suivre une cohorte de 800 enfants et adolescents, âgés de 2 à 16 ans, qui présentent des troubles du spectre autistique. Jusqu’à 850 jeunes patients seront à terme inclus dans cette étude, la plus importante jamais réalisée sur les facteurs de risque de l’autisme, note Amaria Baghdadli, responsable du Centre de ressources du CHU.

Pendant six ans, chaque patient sera suivi par une équipe de cliniciens et de chercheurs pluridisciplinaires. Treize centres spécialisés de Nîmes,​ Perpignan, Nice, Marseille, Lyon, Lille, Strasbourg, Toulouse et Paris seront chargés de collecter des données cliniques, médicales, sociales et environnementales, qui seront étudiées de près dans la capitale héraultaise. L’impact de la pollution de l’air et des perturbateurs endocriniens seront notamment scrutés avec attention par les équipes du projet Elena. L’adaptation en société et la qualité de vie familiale des patients seront aussi au cœur des recherches.

« Pourquoi ? Et que va-t-il se passer pour mon enfant ? »

« Nous ne connaissons pas les causes ni les mécanismes précis de l’autisme, reprend le professeur Amaria Baghdadli. Nous savons que c’est lié pour environ 80 % au facteur génétique, nous pensons aussi que l’environnement a un impact, mais nous ne savons pas comment ni dans quelle mesure. Je reçois de nombreux parents, qui me posent tous les mêmes questions : pourquoi ? Et que va-t-il se passer pour mon enfant ? L’objectif de ce projet est de mettre en place une base de données capable d’y répondre. »

Cette étude pourrait permettre d’identifier des facteurs de risque, de mettre en place des mesures de prévention plus adaptées, des traitements plus ciblés, et ainsi contribuer à améliorer la qualité de vie des individus touchés par ces pathologies. En France, l’institut Pasteur estimait en 2018 à 700.000 le nombre de personnes atteintes par un trouble du spectre autistique, dont 100.000 jeunes de moins de 20 ans et 600.000 adultes.

Le CHU et l’université s’associent pour créer un Centre d’excellence sur l’autisme, qui a pour objectif de mener des projets de recherche, dont le projet Elena, et de mettre en place des technologies innovantes. « L’enjeu est de fédérer les forces de recherche qui sont exceptionnelles dans ce domaine à Montpellier, souligne Amaria Baghdadli. Nous voudrions nous positionner comme l’un des trois centres de référence en France. »