Médicaments antidouleurs: Les autorités «vigilantes» face à l'augmentation des mauvais usages

SANTE PUBLIQUE Pour faire face à la recrudescence des mauvais comportements liés à la consommation des opioïdes, les autorités mettent en garde contre les risques

20 Minutes avec AFP

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L'antidouleur Di-Antalvic, a été interdit à la vente en 2011 (illustration)
L'antidouleur Di-Antalvic, a été interdit à la vente en 2011 (illustration) — Duran Florence/SIPA

Les prescriptions des opioïdes ont été multipliées par 2,5 entre 2006 et 2017. Et les problèmes (hausse des hospitalisations, des décès, des patients dépendants) liés à la mauvaise utilisation de ces antidouleur [qui présentent les mêmes propriétés que l’opium] ont logiquement augmenté en France ces dernières années.

Le nombre d’hospitalisations liées à la consommation de ce type de médicaments a ainsi augmenté de 167 % entre 2000 et 2017, tandis que le nombre de décès a bondi de 146 % entre 2000 et 2015, avec « au moins quatre décès par semaine », souligne l’Agence du médicament (ANSM) qui a publié un rapport alarmant ce mercredi. Et ces « hospitalisés » sont en majorité des femmes, souvent âgées de plus de 60 ans.

« Il y a un certain nombre de signaux qui nous incitent à être très vigilants », reconnaît ainsi Nathalie Richard. « On voit apparaître des catégories de patients à qui on a prescrit ces médicaments pour soigner des douleurs » et qui, devenus dépendants, se retrouvent hospitalisés pour une surdose ou un syndrome de sevrage, décrit la directrice adjointe des médicaments antalgiques et stupéfiants à l’ANSM.

Une « amélioration de la prise en charge de la douleur »

Si les antalgiques non opioïdes (paracétamol, aspirine, ibuprofène, etc.) restent de loin les plus utilisés par les Français (78 %) du total, près de 10 millions d’entre eux avaient reçu au moins une prescription d’opioïde au cours de l’année 2015. Parmi les opioïdes faibles, globalement stables, la consommation de tramadol a grimpé de plus de 68 % sur la même période, en partie du fait de l’interdiction du Di-antalvic à partir de 2011.

Toutefois cette augmentation est « une bonne chose en soi », assure Nathalie Richard, car elle reflète en premier lieu une « amélioration de la prise en charge de la douleur » à partir du début des années 2000.