Les tampons et les serviettes contiennent toujours des substances indésirables, selon «60 Millions de consommateurs»

PRODUITS CHIMIQUES Pourtant, en juillet dernier, l’Anses avait demandé aux fabricants « d’améliorer la qualité de ces produits afin d’éliminer ou de réduire au maximum la présence des substances chimiques »

20 Minutes avec AFP

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Pour ses règles, une femme utilisera entre 12.000 et 15.000 tampons et autres serviettes hygiéniques dans sa vie.
Pour ses règles, une femme utilisera entre 12.000 et 15.000 tampons et autres serviettes hygiéniques dans sa vie. — L.VENANCE / AFP

Malgré les recommandations officielles de l’agence de sécurité sanitaire Anses, en juillet dernier, les protections féminines, c’est-à-dire les tampons et les serviettes périodiques contiennent toujours des résidus de substances chimiques indésirables, révèle le magazine 60 Millions de consommateurs dans son nouveau numéro.

« Principal enseignement des nouvelles analyses : les contaminations par des résidus de molécules à risque persistent », explique le magazine, qui relève essentiellement la présence de résidus de glyphosate, un herbicide controversé, et de phtalates.

Le glyphosate de nouveau détecté dans les protections féminines

Cette parution intervient quelques mois après la publication d’un rapport de l’agence de sécurité sanitaire Anses, motivé par une première enquête de 60 Millions de consommateurs, qui avait fait grand bruit en 2016. Dans son rapport paru en juillet dernier, l’Anses avait relevé la présence de substances chimiques « en très faible concentration » dans les protections féminines, mais avait souligné que cela ne présentait pas de risque pour les utilisatrices.

Pour autant, l’Anses avait recommandé par précaution aux fabricants « d’améliorer la qualité de ces produits afin d’éliminer ou de réduire au maximum la présence des substances chimiques ». « Trois ans après nos premières révélations, 60 Millions de consommateurs a souhaité vérifier dans quelles mesures les recommandations de l’Anses étaient suivies par les fabricants », indique le magazine. Selon lui, «  la présence récurrente du glyphosate ou d’un de ses dérivés dans des produits de grandes marques (…) interpelle de nouveau ». Cela concerne également des marques labellisées bio.

Une substance inquiétante jamais détectée auparavant

« Autre résultat remarquable : la présence de phtalates que nous n’avions pas détectés auparavant », poursuit l’enquête en citant une substance appelée DEHP. « Suspecté par l’ECHA, l’Agence européenne officielle en charge des substances chimiques, de pouvoir altérer la fertilité (…), le DEHP fait partie des phtalates les plus préoccupants », selon le magazine. 60 Millions de consommateurs déplore qu'« encore trop de marques restent floues sur les ingrédients utilisés dans leurs protections périodiques », en l’absence de réglementation contraignante.

« Les marques mises en cause ne sont pas forcément les mêmes mais le constat demeure. Les jeunes filles et les femmes qui portent des protections périodiques à usage unique peuvent être au contact de résidus pour le moins indésirables de manière chronique », conclut le magazine. Le 8 février, après une mise en cause similaire qui avait provoqué une alerte de l’Anses et une injonction du gouvernement, les fabricants de couches pour bébés se sont engagés à indiquer les composants sur leurs emballages.