VIDEO. Marseille: Le sport, un booster pour la santé des enfants atteints de cancer

MEDECINE Une étude menée par des chercheurs de la Timone à Marseille montre que l’activité physique a des conséquences positives sur la santé des enfants malades

Mathilde Ceilles

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Un enfant de quatre ans, traité pour un cancer, en train de jouer dans une unité de soins.
Un enfant de quatre ans, traité pour un cancer, en train de jouer dans une unité de soins. — Martin Bernetti AFP
  • Une étude menée à la Timone montre les bienfaits du sport sur les enfants malades du cancer.
  • Les enfants participant à cette étude ont vu leur qualité de vie s'améliorer. 

Les premiers résultats laissent entrevoir un espoir pour les centaines d’enfants et leur famille qui chaque jour se battent contre la maladie. Selon une étude menée par le service d’oncologie pédiatrique de l’hôpital de la Timone à Marseille depuis trois ans, le sport possède de réels bénéfices sur la santé des enfants traités pour des cancers.

Sous la direction du professeur Nicolas André, chef du service d’hématologie-oncologie de la Timone, 80 enfants âgés de 5 à 18 ans et atteints de tumeurs ont participé à cette étude sur la base du volontariat. Deux groupes ont été constitués. Le premier était soumis à un traitement habituel de leurs pathologies. Le second bénéficiait en plus d’un programme adapté comprenant des activités physiques. « Nous avons ouvert une salle de sport dans le service, explique le professeur Nicolas André. Nous l’avons équipée d’un tapis de marche, de vélos… Les enfants pouvaient également faire des jeux comme du basket. »

Meilleure qualité de vie

Les jeunes volontaires étaient également pris en charge par l’association Sourire à la vie, qui porte l’étude et leur faisait faire diverses activités sportives, notamment dans leur gymnase spécialement dédié. Au bout de six mois, les performances physiques de chacun sont évaluées par des médecins et comparés au groupe n’ayant pas fait de sport.

Et les résultats sont édifiants à en croire le professeur Nicolas André. « Nous avons constaté chez les enfants qui ont fait du sport une réelle amélioration de leurs capacités physiques, avec pour certains des performances comparables aux enfants de leurs âges qui ne sont pas malades. Le fait de pratiquer une activité physique à chez ses patients un impact sur leur qualité de vie. »

Vivre malgré la maladie

« La qualité de vie recoupe plusieurs éléments, pas que physiques, rappelle Frédéric Sotteau, président et fondateur de Sourire à la vie. C’est aussi des critères psychologiques et sociaux, comme l’autonomie, le plaisir à faire des choses, l’envie de manger… »

Et de se réjouir : « cette étude montre que l’enfant, bien qu’il soit malade, peut vivre. Il a un traitement long contre le cancer, mais il n’arrête pas sa vie. Aujourd’hui, un enfant malade a un document d’un médecin de contre-indication à la pratique sportive. Pour beaucoup de chefs de service encore en France, il est inconcevable de faire faire du sport à un enfant malade d’un cancer. Ces enfants sont dans leurs lits. Nous pensons que le sport peut aider à la guérison. C’est dans notre ADN : nous sommes faits pour bouger et être en mouvement ! »

« Je pense qu’à terme, le sport fera partie des traitements », pronostique le professeur Nicolas André. A terme, les médecins de la Timone ont l’ambition de structurer un programme national, avec d’autres hôpitaux en France, pour analyser l’impact du sport sur les traitements anticancéreux chez l’enfant. En attendant, l’étude se poursuit : les 40 enfants volontaires qui n’ont pas bénéficié du programme sportif vont se mettre au sport et leurs performances physiques seront également analysées.

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