Glyphosate : L’exposition à l’herbicide augmenterait de 41 % le risque de lymphome non hodgkinien

ÉTUDE Le lymphome non hodgkinien est le 5e cancer le plus fréquent en France

20 Minutes avec agence

— 

Un agriculteur français épand du glyphosate, le principe actif du Round-Up, désherbant le plus utilisé au monde, sur ses champs, en mai 2018.
Un agriculteur français épand du glyphosate, le principe actif du Round-Up, désherbant le plus utilisé au monde, sur ses champs, en mai 2018. — JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Présent notamment dans le Roundup de Monsanto, le glyphosate est l’herbicide à large spectre le plus utilisé au monde. Ce produit est classé comme « probablement cancérogène » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) depuis mars 2015.

Une nouvelle étude , relayée par Le Monde ce lundi, vient souligner la dangerosité du pesticide. Selon les chercheurs américains, l’exposition au glyphosate augmenterait de 41 % le risque de lymphome non hodgkinien, un cancer de la peau qui se développe à partir d’un certain type de globules blancs.

Un risque cancérigène accru de 41 % chez les travailleurs agricoles

Pour parvenir à ces conclusions, les scientifiques ont réalisé une méta-analyse compilant les résultats de plusieurs études menées sur des animaux et des humains exposés au glyphosate. L’étude inclut des résultats récents issus de la cohorte AHS (Agricultural Health Study) 2018, portant sur plus de 50.000 agriculteurs américains.

Résultat : il existerait un lien fort entre le glyphosate et la survenue d’un lymphome non hodgkinien. « L’exposition au glyphosate, plus précisément aux formulations à base de glyphosate, est associée à un risque accru de lymphome non hodgkinien statistiquement significatif », écrit Emanuela Taioli, coautrice de l’étude.

11.600 cas recensés en 2011

Le lymphome non hodgkinien est un cancer qui se développe à partir de cellules du système lymphatique, les lymphocytes. La plupart du temps, ce cancer se développe dans un groupe de ganglions lymphatiques, ou plus rarement, dans un autre organe comme l’estomac, l’intestin ou le cerveau. Avec plus de 11.600 nouveaux cas recensés en France en 2011, ce lymphome se situe au 5e rang des cancers les plus fréquents.

« Notre analyse visait à apporter la meilleure réponse possible à la question de savoir si le glyphosate est cancérogène ou non », a déclaré Lianne Sheppard, professeure à l’université de Washington. « À la suite de cette recherche, je suis encore plus convaincue que ça l’est. »