VIDEO. Incendie, blessure, chute... Comment former ses enfants aux gestes et réflexes qui sauvent?

LIVRE A l'occasion de la sortie du livre « 40 gestes d'urgence en cas d'accident domestique », voici quelques conseils pour alerter et préparer ses enfants aux risques du quotidien

Oihana Gabriel
— 
Illustration d'un enfant jouant au pompier.
Illustration d'un enfant jouant au pompier. — Pixabay
  • Ce mercredi paraît 40 gestes d'urgence en cas d'accident domestique, spécial enfants, un guide qui s'adresse à la fois aux adultes, mais aussi à leur progéniture.
  • Car dès le plus jeune âge, connaître les numéros d'urgence, les bons réflexes en cas d'incendie ou de traumatisme crânien peut s'avérer salvateur. 
  • 20 Minutes a interrogé le lieutenant Patrick Chavada, sapeur-pompier qui a participé à ce petit livre pratique sur cinq situations précises, dignes des pires cauchemars.

Les dangers sont pluriels quand on mesure trois pommes et que la moindre trottinette, four chaud ou chute peuvent vous envoyer aux urgences. Les accidents de la vie courante (un Français sur cinq touché par an !), on peut s’y préparer dès le plus jeune âge. Avec l’aide d’un petit guide, paru ce mercredi, 40 gestes d’urgence en cas d’accident domestique spécial enfants*, déclinant par ordre alphabétique vos pires angoisses : défenestration, fumée, hémorragie… « En France, on est encore en retard sur l’éducation aux premiers secours, regrette le lieutenant Patrick Chavada, de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France. En leur expliquant les règles de prévention, les bons réflexes, on les forme à être acteur de leur propre sécurité, mais aussi de leur famille et camarades. » Les informer au risque de les angoisser ? « Pas besoin d’être alarmiste, mais les enfants n’ont pas le même sens du danger que les adultes et c’est important de se préparer à l’inconnu. D’ailleurs, nous pompiers, c’est notre boulot : se préparer pour être plus efficaces. A la maison, c’est pareil ! » Petit zoom sur cinq situations à risque pour savoir comment préparer les plus jeunes.

Incendie

Trois heures du matin, pas de courant, odeur de fumée : cocktail parfait pour paniquer. Et pourtant, c’est souvent en cas de catastrophe que votre sang-froid gagne à se faire connaître. Car un mauvais réflexe peut vous coûter cher : « Ce sont les fumées qui tuent le plus, pas le feu », rappelle Patrick Chavada, sapeur-pompier qui a participé à ce guide. Il conseille donc d’expliquer avec des mots simples à quoi sert le détecteur, où il se trouve, que faire s’il sonne.

« Les occupants doivent se rassembler, si vous vivez au rez-de-chaussée, on peut montrer à l’enfant comment sortir dans la cour ou le jardin par la fenêtre. Si vous habitez haut dans un immeuble, il faut au contraire rester chez soi, fermer les portes, sans quoi on fait rentrer l’air qui alimente le feu. On peut mettre un linge humide sur son nez et sa bouche, mais aussi au bas de la porte. Et on se manifeste aux pompiers, par la fenêtre ou par téléphone. » Et le livre de proposer un exercice : on apprend à son enfant à glisser à plat ventre par terre en tenant un drap au-dessus de lui. « Si la fumée pénètre dans l’appartement, mieux vaut rester le plus proche du sol, là où l’air frais reste », explique le sapeur-pompier.

En prévision de multiples drames

Tempête de neige, coupure d’électricité, inondation… Ce précieux conseil s’applique à nombre de situations de crise : les pompiers encouragent les familles à mettre au point, en impliquant les enfants, un plan familial de mise en sûreté (PFMS). Au programme : prévoir un itinéraire d’évacuation, savoir comment couper ou remettre le courant, choisir un point de rassemblement chez vous et à l’extérieur pour toute la famille… « C’est un peu ce qu’on fait dans les collèges et lycées, reprend Patrick Chavada. Et il peut être utile d’avoir préparé à l’avance un sac avec le nécessaire vital : bougie, allumettes, de quoi écouter la radio, une trousse de secours, des bouteilles d’eau. » Si on est coupé du monde pendant quelques heures ou jours, c’est rassurant.

Mais le lieutenant insiste : la façon de préparer l’enfant est importante. « A la maison, on a souvent l’impression de vivre dans un environnement sécurisé, il est important de lui faire apprendre les dangers : fenêtres, piscine, les plaques à cuisiner… En lui demandant : "Qu’est-ce qui est dangereux ?" Sous forme de jeu, on les amène, au calme, à découvrir les risques pour expliquer ce qu’il faut faire ou pas. Si l’enfant participe, identifie, propose un endroit de rassemblement par exemple, il retiendra plus facilement. »

Blessures diverses et variées

Marseille le 20 juin 2012 - A l'occasion des dix ans de la caserne de pompiers de la canebière , une initiation aux gestes de secourisme pour les enfants a lieu au square Léon Blum
Marseille le 20 juin 2012 - A l'occasion des dix ans de la caserne de pompiers de la canebière , une initiation aux gestes de secourisme pour les enfants a lieu au square Léon Blum - P.MAGNIEN / 20 MINUTES

En fonction de l’âge de l’enfant et de sa maturité, les parents peuvent l’habituer à prendre les bons réflexes. Si le blessé saigne, d’appuyer sur la blessure avec un linge. Si la personne est évanouie, d’essayer de la placer sur le côté. « Si c’est une jambe cassée, il faut lui rappeler de prévenir les secours, de rester avec la personne mais sans la bouger et de suivre les conseils de la personne au téléphone », reprend le pompier. D’où un message primordial : à l’aide d’un petit jeu, lui faire retenir le numéro d’urgence : le 112, qui fonctionne dans toute l’Union européenne. « Mais aussi, lui rappeler les informations primordiales à donner : son nom, son adresse. Souvent, les enfants qui nous appellent ne la connaissent pas. » D’où l’intérêt de noter sur le frigo ou sur le téléphone fixe (pour ceux qui en ont encore…) par exemple le 112 et votre adresse.

Dans la rue

Que l’on soit à pied, en trottinette (pensez au casque !), en vélo (et aux genouillères !), l’important, c’est de bien apprendre à son enfant, dès qu’il marche, à être attentif à son environnement. « Et donc éviter de se balader avec sa musique dans les oreilles, parce qu’on est coupé des dangers, souligne Patrick Chavada. Une fois que l’enfant a compris qu’il peut traverser quand le bonhomme piéton est vert et en donnant la main d’un adulte, il vaut mieux qu’il prenne l’habitude de courir ou pédaler du côté des bâtiments. « Et sur une route, on se met face au véhicule qui arrive pour plus de visibilité des deux côtés », martèle le pompier. Et côté prévention, l’enfant doit se rendre compte que la rue est pleine de dangers : une porte qui coulisse peut annoncer une voiture qui sort d’un parking… Et le petit livre de proposer un exercice de mise en situation : asseoir son rejeton dans la voiture à la place du conducteur et se placer à différents endroits, pour que l’enfant se rende compte qu’il ne vous aperçoit par toujours dans les rétroviseurs…

Perdu !

Si vous n’avez jamais perdu votre enfant au parc, au supermarché, dans un musée, sachez que cette expérience dilue le temps, accélère votre rythme cardiaque et vous permet d’imaginer le pire en un minimum de temps. « En règle générale, les gamins qu’on perd, c’est souvent dans la foule, donc on conseille aux parents d’apprendre à leurs enfants, dès qu’ils en sont capables, le numéro de téléphone par cœur. » Autre suggestion, déterminer dès que vous arrivez dans un lieu bondé et vaste un point fixe de rendez-vous. Et pour les plus petits ? Le sapeur-pompier conseille de mettre dans sa poche une petite feuille plastifiée avec le nom et le numéro de téléphone des parents. Encore faut-il lui expliquer qu’il est important qu’il ne bouge pas et qu’il demande de l’aide à un adulte.

* Les règles d’or : 40 gestes d’urgence en cas d’accident domestique spécial enfants, Larousse, 3,95 €.