VIDEO. Strasbourg : Le robot Nao donne un coup de main pour la rééducation des enfants

SANTE Le robot humanoïde Nao est arrivée à l’Institut universitaire de réadaptation Clemenceau de Strasbourg, une première dans un service de rééducation pédiatrique

Alexia Ighirri

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VIDEO. Strasbourg: Le robot Nao donne un coup de main pour la rééducation des enfants — A. Ighirri / 20 Minutes
  • Nao, le robot humanoïde français est le nouveau pensionnaire du service de rééducation pédiatrique de l’Institut universitaire de réadaptation Clemenceau (IURC) de Strasbourg (Bas-Rhin).
  • il vient jouer un médiateur, complémentaire, dans la prise en charge thérapeutique d’enfants en rééducation fonctionnelle, une première. « Quand le robot se lève, ce sont vraiment les gestes qu’on apprend aux enfants pour se mettre debout. C’est quand même plus ludique si de temps en temps c’est un robot sympa, mignon, qui le fait plutôt que tout le temps le même kiné », sourit la puéricultrice Emilie Gein.

Les enfants s’installent à la grande table. Ils sont cinq ce mardi matin à assister au premier atelier consacré à la langue des signes et à l’expression plus globalement, grâce à l’approche Makaton. En attendant le début de la séance, les bambins jettent un rapide coup d’œil à la table derrière eux. Là où patiente Nao. Mais si vous savez la star des robots, entre autres, reçu par François Hollande à l’Elysée.

Le robot humanoïde français est le nouveau pensionnaire du service de rééducation pédiatrique de l’Institut universitaire de réadaptation Clemenceau (IURC) de Strasbourg (Bas-Rhin), acquis grâce à des donateurs.

Arrivé en début d’année 2019, il vient jouer un médiateur, complémentaire, dans la prise en charge thérapeutique d’enfants en rééducation fonctionnelle. Compagnon des soignants, sans les remplacer bien sûr, Nao a déjà fait ses preuves ailleurs auprès de jeunes autistes, de personnes âgées, ou en neuropédiatrie, mais son exploitation dans un service tel que celui de l’IURC est inédit.

« Est-ce que vous savez dire robot en signe ? »

Ce mardi, c’est Nao qui ouvre la séance. « Bonjour les enfants. Je suis content de vous retrouver ce matin. Est-ce que tout le monde est là ? ». Le robot fait l’appel. Et quand il fait mine de ne pas voir le petit Néo, ce dernier se redresse pour se mettre dans son champ de vision.

Il invite ensuite les enfants à signer les mots qu’il prononce ou les actions qu’il fait : « Vous savez comment dire “robot” en signe ? » puis les termes « crêpes », « marcher », « danser », « s’asseoir » y passent. Les enfants esquissent des sourires et surtout, ils ne le quittent pas des yeux.

La séance se poursuivra sans lui. « En hôpital de jour, on l’utilise 10 à 15 minutes par séance », indique la puéricultrice Emilie Gein qui confirme : « Les enfants sont fascinés. C’est un peu devenu une mascotte ». C’est pourquoi ce dernier peut être utile « pour détourner l’attention de l’enfant pendant un soin douloureux : il fait du yoga, il danse… », poursuit-elle. Et parfois, il sert même de cobaye pour que l’enfant appréhende différemment son rendez-vous avec le thérapeute.

Nao pour apprendre à se lever ou marcher

Si par ses facéties, Nao peut permettre de dédramatiser l’hospitalisation ou d’atténuer l’anxiété de la séparation avec les parents ou lors de soins douloureux, il accompagne aussi la motricité des jeunes patients : « Quand le robot se lève, ce sont vraiment les gestes qu’on apprend aux enfants pour se mettre debout. C’est quand même plus ludique si de temps en temps c’est un robot sympa, mignon, qui le fait plutôt que tout le temps le même kiné », sourit Emilie Gein.

Et lorsque le robot marche, les enfants peuvent le suivre. « Avant on les faisait marcher dans le couloir et ils allaient faire un bisou à la secrétaire, maintenant ils suivent Nao », rigole Dr Emmanuelle Debriel, responsable des unités de MPR enfants-adolescents à l’IURC (on s’en est assuré, la secrétaire a encore droit à des bisous). Avant de résumer : « On ne fait pas plus de choses avec lui, mais on les fait différemment. C’est un outil de plus ».

Les soignants s’occupent de la programmation

C’est l’équipe médicale (dont certains de ses membres ont suivi une formation à Paris) qui programme le robot associé à une tablette et une suite de logiciels pédagogiques en fonction des séances : ce qu’il doit dire, ce qu’il doit réaliser, « il fait tout ce qu’on veut lui faire faire », résume Dr Debriel. Si elle doit encore apprendre à l’apprivoiser totalement, l’équipe remarque déjà un effet Nao « en tant qu’intermédiaire ».

Une quinzaine de personnes sont amenées à travailler avec Nao à l’IURC. Une quarantaine d’enfants, plutôt de l’âge de la maternelle ou primaire, en bénéficie plus particulièrement, sur la centaine de patients accueillis par demi-journée en hôpital de jour.