L’exposition aux polluants chimiques affecterait la fonction respiratoire des bébés

ETUDE Certaines substances, comme les composés perfluorés ou l’éthyl-parabène, « pourraient être associées à une fonction respiratoire diminuée chez l’enfant »

20 Minutes avec agences
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Certains produits chimiques seraient dangereux pour les fonctions respiratoires des bébés. (Illustration)
Certains produits chimiques seraient dangereux pour les fonctions respiratoires des bébés. (Illustration) — Fujikama

Les enfants exposés à différents polluants chimiques pendant la grossesse de la mère et les premiers mois de leur existence ont plus de risque d’avoir une fonction respiratoire réduite. C’est ce qu’indique une étude franco-espagnole, publiée ce mercredi dans la revue médicale britannique The Lancet Planetary Health.

Des substances de la vie quotidienne

Parmi les substances mises en évidence par les chercheurs figurent notamment les composés perfluorés, autrement dit les PFC, qui peuvent être présents dans les poêles antiadhésives, certains emballages alimentaires et les revêtements anti-taches. Autre produit jugé problématique : l’éthyl-parabène, un conservateur utilisé dans de nombreux cosmétiques mais aussi plusieurs molécules issues de la dégradation des phtalates.

Certaines substances « pourraient être associées à une fonction respiratoire diminuée chez l’enfant », déclare ainsi dans un communiqué commun l’Inserm, le CNRS et l’Université Grenoble Alpes.

Des problèmes après la naissance

Les scientifiques ont notamment observé qu’un taux deux fois plus élevé d’acide perfluoro-octanoïque, un composé perfluoré très persistant dans l’environnement, dans le sang de la mère pendant la grossesse, pouvait engendrer une baisse de près de 2 % du volume d’air expiré par seconde chez leurs enfants.

Par ailleurs, le cuivre, l’éthyl-parabène, cinq molécules issues de la dégradation des phtalates et le surpeuplement du logement pourraient être associés à une diminution de la fonction respiratoire chez les enfants après la naissance.

« Un facteur déterminant de sa santé globale »

Cette étude « doit être vue comme une première étape de sélection permettant d’identifier des expositions suspectes pour lesquelles des travaux plus spécifiques sont nécessaires », expliquent les auteurs, qui tiennent à rappeler que leurs travaux ne démontrent pas de lien de cause à effet.

« Identifier les facteurs de risque d’une fonction respiratoire diminuée dans l’enfance est important car le développement pulmonaire de l’enfant est un facteur déterminant de sa santé globale, et pas seulement respiratoire, tout au long de la vie », note enfin Valérie Siroux, chercheuse à l’Inserm et co-coordinatrice de l’étude.