SIM37: Des gynécologues alertent sur le simulateur d’accouchement conçu pour prédire les césariennes

POLEMIQUE Des spécialistes affirment que l’examen qui promet d’évaluer le besoin d’un accouchement par césarienne est « expérimental et hasardeux » et que son coût « apparaît excessif »…

20 Minutes avec agence

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Le SIM37 permettrait de déterminer si la future mère aura besoin d'accoucher par césarienne (illustration).
Le SIM37 permettrait de déterminer si la future mère aura besoin d'accoucher par césarienne (illustration). — Free-Photos

Le Collège National des gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF) et l’Institut de Recherche & d’Actions pour la Santé des femmes (IRASF) ont récemment émis des réserves sur le SIM37, un examen médical destiné aux femmes enceintes. Proposé par la société BabyProgress, ce « simulateur d’accouchement » par IRM promet de déterminer si une future mère aura besoin d’accoucher par césarienne, explique le Huffington Post.

Mais pour certains spécialistes, le procédé facturé 900 euros ne repose sur aucun principe médical. Dans un communiqué publié le 23 janvier, l’IRASF qualifie le SIM37 de « pure folie ». Le document affirme que « cette pratique est complètement infondée, non reconnue, animée par l’appât du gain ».

Pour éviter les césariennes inutiles

L’institut indique par ailleurs que dans la Clinique de La Muette à Paris, où le Docteur Olivier Ami, créateur du SIM37, exerce et pratique l’examen, le taux de césariennes est deux fois plus élevé que la moyenne nationale. Or, le médecin dit justement vouloir éviter les césariennes inutiles et les procédures d’urgence grâce à l’examen.

Celui-ci permet en effet de représenter le canal vaginal et le fœtus en 3D et de vérifier que la tête de l’enfant peut passer sans encombre lors de l’accouchement. Si ce n’est pas le cas, le bébé pourrait développer des pathologies, affirme le spécialiste.

Un « caractère expérimental et hasardeux »

Mais l’IRASF parle de « pure invention et un pur fantasme de l’imaginaire ». Elle alerte sur « sur le caractère expérimental et hasardeux de cet examen ». L’institut demande à pouvoir consulter l’étude sur laquelle s’appuie Olivier Ami.

C’est aussi le cas du CNGOF, qui « souligne l’absence de preuves scientifiques justifiant de proposer cette méthode ». Le Collège a estimé le 25 janvier que « le coût proposé apparaît excessif au regard d’un bénéfice non démontré ». Face à cette défiance, les créateurs de SIM37 ont indiqué que leur étude « fera officiellement l’objet de publication médicale ».