Aspirine: Une prise quotidienne pour prévenir les AVC n’est pas sans risque

ETUDE La prise régulière d’aspirine augmente le risque d’hémorragies graves…

20 Minutes avec agences

— 

Aspirine
Aspirine — AFP

Prendre de l'aspirine quotidiennement en prévention ne serait pas sans risque. Aux Etats-Unis, des millions de gens en bonne santé prennent pourtant une faible dose tous les jours, dans le but de réduire le risque de crise cardiaque ou d'accident vasculaire cérébral (AVC).

Mais de plus en plus d’études soulignent les dangers sous-estimés de l’aspirine, un médicament qui peut provoquer des hémorragies. Une nouvelle analyse, publiée ce mardi par la revue de l'Association médicale américaine (Jama), montre que pour les personnes en bonne santé, les bénéfices cardiovasculaires sont à peu près contrebalancés par le risque accru d’hémorragie, notamment dans le cerveau et les intestins. En Europe, les cardiologues ne prescrivent d’ailleurs ce type de traitement qu’après un premier problème cardiaque.

Pas de débat pour les personnes ayant déjà eu un AVC

« Nos données montrent qu’il existe un risque réel. Les gens ne doivent pas en prendre en pensant que c’est un complètement bénin », indique ainsi l’auteur principal de l’étude, le cardiologue Sean Zheng, au King’s College de Londres.

L’aspirine fluidifie le sang et empêche la formation de caillots dans les artères. Mais un sang trop fluidifié peut conduire à des hémorragies. Pour les gens ayant déjà eu un AVC ou un infarctus, la balance penche nettement du côté de la prise d’aspirine, selon plusieurs études. C’est pour les personnes sans antécédent que la controverse existe.

Un risque faible mais « réel »

Les risques restent faibles : les maladies cardiovasculaires sont des événements rares chez les personnes sans antécédent, tout comme le risque d’hémorragie en cas de prise d’aspirine. Sur 265 personnes traitées avec de l’aspirine pendant cinq ans, un seul problème cardiovasculaire serait évité, selon l’analyse publiée mardi. Mais un patient sur 210 souffrira d’une hémorragie grave.

A l’échelle d’une population, ce résultat prend de l’importance estiment les chercheurs. Encore plus aux Etats-Unis où une étude de 2015 estimait à 47 % la proportion d’Américains en bonne santé prenant de l’aspirine régulièrement.

Au cas par cas

Des médecins expliquent que d’autres méthodes pour réduire les risques cardiovasculaires doivent être recommandées en priorité : arrêter de fumer, faire de l’exercice physique, améliorer son alimentation…

L’aspirine doit ensuite être recommandée au cas par cas. « Pour certains patients, la balance peut pencher plus clairement d’un côté ou de l’autre », commente Stephen Evans, professeur de pharmaco-épidémiologie à la London School of Hygiene & Tropical Medicine.