Homéopathie: Des généralistes demandent l'arrêt du remboursement de cette médecine alternative

THERAPIE Ce collège de médecins considère l’homéopathie comme une « pratique ésotérique qui appartient à l’histoire »…

20 Minutes avec AFP

— 

Illustration du rayon homéopathie d'une pharmacie.
Illustration du rayon homéopathie d'une pharmacie. — GUILLAUME SOUVANT / AFP

La virulente bataille autour de l’homéopathie continue. Un collège de médecins généralistes, qui publie un communiqué ce jeudi, demande à l’Assurance maladie d’arrêter de rembourser les médicaments homéopathiques, issus de ce qu’ils appellent une « médecine ésotérique ».

« Il est temps de dérembourser les médicaments homéopathiques », a plaidé jeudi le Collège national des généralistes enseignants (CNGE). « Il n’y a aucun élément pour justifier encore aujourd’hui le remboursement de ces "médicaments" par la collectivité », juge la principale société scientifique de médecine générale française, dans un communiqué publié ce jeudi.

Remboursés à 30 % par la Sécurité sociale

« Il n’y a de même aucune justification à l’enseignement de ce type de pratique mystérieuse à l’université ni au moindre label universitaire, poursuit le CNGE. Il est nécessaire d’abandonner les méthodes ésotériques qui appartiennent à l’histoire et qui aujourd’hui trompent les patients comme encore certains professionnels. »

L’homéopathie consiste à administrer des substances en quantité infinitésimale, dans l’espoir de guérir. Certains médicaments sont remboursés à hauteur de 30 % par l’Assurance maladie, bien que leur efficacité n’ait pas été évaluée scientifiquement.

Un avis rendu au printemps

Cette technique appréciée des Français est au centre d’une intense polémique depuis la parution le 19 mars 2018 dans Le Figaro d’une tribune au vitriol, signée d’un collectif de 124 médecins. Cette tribune attaquait les « médecines alternatives », dont l’homéopathie, pratiquées selon les signataires « par des charlatans en tout genre qui recherchent la caution morale du titre de médecin pour faire la promotion de fausses thérapies à l’efficacité illusoire ».

Le Syndicat national des médecins homéopathes français a déposé une soixantaine de plaintes disciplinaires devant l’Ordre des médecins contre des signataires de ce texte. Par ailleurs, le ministère de la Santé a saisi en août la Haute Autorité de santé (HAS) pour évaluer l’efficacité de l’homéopathie et le bien-fondé de son remboursement. Initialement prévu pour février, l’avis de la HAS devrait finalement être rendu au printemps.