Nice: Des chercheurs mettent en évidence le mécanisme héréditaire de la migraine

RECHERCHE Cette découverte ouvre la voie à de nouveaux traitements... 

Mathilde Frénois

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Perrine Royal, Guillaume Sandoz, Brigitte Wdziekonski et Pablo Avalos Prado travaillent sur les causes héréditaires de la migraine.
Perrine Royal, Guillaume Sandoz, Brigitte Wdziekonski et Pablo Avalos Prado travaillent sur les causes héréditaires de la migraine. — A. Macarri / univ-cotedazur.
  • Si les causes héréditaires des maux de tête étaient connues, ce n'était pas le cas de leur mécanisme.
  • Selon cette équipe de Valrose, une mutation génétique provoque le dysfonctionnement d’une protéine.
  • Les Niçois ont ensuite mis en évidence deux nouvelles cibles dans le traitement de la migraine.

La petite équipe du laboratoire de Valrose effectue de la recherche fondamentale. D’expérience en expérience, ces quatre chercheurs ont été menés à travailler sur la migraine. Si les causes héréditaires des maux de tête étaient connues, ce n’était pas le cas de leur mécanisme. C’est ce qu’ont démontré ces Niçois, ouvrant la voie à de nouveaux traitements sur lesquels ils planchent également.

Selon cette équipe, une mutation génétique provoque le dysfonctionnement d’une protéine. « Ce mécanisme mis en évidence n’avait jamais été décrit, dit le responsable du laboratoire qui a coordonné les recherches avec le CNRS et l’ Inserm, Guillaume Sandoz. Ce mécanisme permet de produire une seconde protéine inattendue qui inhibe des canaux dans certains neurones. Cela entraîne une augmentation de l’activité électrique de ces neurones. Et déclenche donc la migraine. »

Bientôt des médicaments

Démontrant un nouveau mécanisme de maladie héréditaire, l’équipe de Valrose a ensuite mis en évidence deux nouvelles cibles dans le traitement de la migraine. « On a fait l’expérience chez la souris et le rat : si spécifiquement on supprime l’expression de ce canal, on génère la migraine. Donc si on active, on a l’effet inverse, pointe-t-il. Maintenant qu’on a de nouvelles cibles, on va tester dans les mois qui viennent sur le rongeur des médicaments qui activent ces canaux. »

Un espoir dans le traitement médicamenteux des maux de tête, 15 % des adultes étant touchés par cette maladie. « Il est dur de savoir dans quels délais les traitements seront disponibles, préviennent toutefois les chercheurs. On teste des médicaments, on travaille avec industrie. » Toujours depuis leur laboratoire niçois.