Journée mondiale de l'orgasme: Pour jouir, «il faut déjà ne pas avoir peur de parler de sexe»

INTERVIEW Ce vendredi a lieu la Journée mondiale de l'orgasme...

Propos recueillis par Anissa Boumediene

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Illustration d'un couple au lit.
Illustration d'un couple au lit. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA
  • A l’occasion ce vendredi de la Journée mondiale de l’orgasme, « 20 Minutes » s’intéresse aux mécanismes qui déclenchent cette vague de plaisir.
  • Que l’on soit célibataire ou en couple, le plaisir orgasmique serait accessible à tous.
  • Emmanuelle Duchesne, auteure de « 50 exercices de slow love et sex meditation » (éd. Eyrolles), nous dévoile les secrets du « renouveau orgasmique »…

Comme une décharge électrique qui secoue le corps de plaisir, ou une vague de sensualité et de volupté qui vous submerge. A chacun sa manière de vivre et décrire son orgasme, pourvu qu’il y ait le plaisir. Mais tout le monde n’y parvient pas, à l’orgasme. Stress, fatigue, complexes et autre charge mentale peuvent plomber la libido et l’ambiance sous la couette. Mais ce n’est heureusement pas une fatalité. A l’occasion ce vendredi de la Journée mondiale de l’orgasme, 20 Minutes vous fait découvrir les voies du « renouveau orgasmique ». Une quête que nous explique Emmanuelle Duchesne, auteure de 50 exercices de slow love et sex meditation (éd. Eyrolles).

Quels sont les principaux freins à l’orgasme ?

Il y a plusieurs inhibiteurs de l’orgasme, principalement d’ordre psychologique. Cela va de la peur de se sentir jugé(e), comparé(e), d’avoir des complexes. Certaines personnes vont avoir tendance à trop cogiter, à se demander quelle tête elles risquent de faire au moment de jouir, quel bruit bizarre leur corps pourrait faire pendant l’amour. Autant de choses qui perturbent et empêchent d’être dans le moment et d’atteindre l’orgasme.

On peut aussi se sentir pressé(e) ou stressé(e) par son partenaire, quand on sent l’autre attend de vous voir jouir pour être rassuré dans sa propre performance sexuelle, cela peut faire ressentir une certaine pression, comme une obligation de jouir qui se révèle forcément contre-productive.

Il y a aussi celles et ceux qui ne sortent pas de leur zone de confort, de leurs habitudes, ce qui explique qu’une certaine monotonie sexuelle puisse s’installer au sein des couples qui sont ensemble depuis longtemps.

Et puis le frein peut être physique : si on est trop tendu, le corps n’atteindra pas l’orgasme de la même manière. Au mieux, on aura un orgasme génital, alors que si le corps est vraiment détendu, sans tension, on a un orgasme beaucoup plus puissant, qui irradie dans tout le corps.

Dans votre ouvrage, vous parlez de « renouveau orgasmique », et d’atteindre un « état orgasmique » ?

La façon dont on aborde sa sexualité et sa quête d’un épanouissement intime dépend de beaucoup de facteurs. Ce renouveau orgasmique se travaille à différents niveaux. Sur le plan psychologique, il faut accepter son propre plaisir et son désir. Or, beaucoup de gens n’assument pas leur désir, ne sont pas à l’aise avec. Il faut peut-être apprendre à avoir une vision un peu plus égoïste du plaisir sexuel, ne pas se sentir redevable de quoi que ce soit parce que son partenaire nous donne du plaisir, se dire qu’il faut rendre la pareille.

C’est ce qui permet d’atteindre un état orgasmique, qui se caractérise par une intensité telle qu’on est incapable de le décrire précisément. C’est un état dans lequel on perd toute notion du temps, on ne sait pas si le moment dure cinq minutes ou une heure, où l’on ressent comme une dissolution des limites de son propre corps, comme si on ne faisait qu’un avec l’autre. C’est cette sensation que notre corps est harmonisé, « énergisé », et dans un bien-être totale.

Comment engager ce renouveau et cet état orgasmiques que vous décrivez ?

Que l’on soit ou non en couple, il faut communiquer, briser ce rapport tabou que beaucoup ont au sexe. C’est quelque chose de naturel, et pour jouir, il ne faut pas avoir peur de parler de sexe. Si vous avez honte d’aborder au sein de votre couple ou d’en parler avec vos amis proches, cette gêne vous poursuivra jusque dans votre lit. Libérer la parole permet aussi de libérer le corps. Dès lors, on se sent prêt à explorer sa sexualité avec une nouvelle approche, à tenter de nouvelles aventures.

Et si l’on est en couple, se parler et s’écouter l’un l’autre est un formidable moyen d’attiser son désir et de démultiplier son plaisir. Dire à l’autre ce que l’on aime, ce que l’on n’aime pas, ses fantasmes, se décrire la manière dont on aime se masturber, c’est essentiel ! Et surtout, se parler d’une façon positive et ludique, plutôt que de dire à l’autre : « je n’aime pas quand tu me fais telle ou telle chose », mais de lui confier ce que l’on aurait envie d’explorer. Cet état d’esprit change tout dans son rapport au plaisir. Et on est souvent surpris d’entendre les confidences de l’autre, de découvrir l’importance de la sensualité et de l’affection dans son plaisir sexuel et dans son désir, et vice versa.