Illustration d'une vaccination.
Illustration d'une vaccination. — M. Libert / 20 Minutes

SANTE

Lyon: Un réseau pour mieux informer sur l'importance de la vaccination

Les villes de Lyon, Bordeaux et Nice ont lancé mercredi le réseau « Territoires et vaccination » afin de convaincre les populations…

  • Les villes de Lyon, Bordeaux et Nice ont lancé mercredi le réseau « Territoires et vaccination ».
  • Il s’agit de décliner en locale, les décisions prises au niveau national et échanger sur les bonnes pratiques mises en place.
  • L’objectif est de convaincre les personnes les plus réticentes à la vaccination.

L’initiative avait vu le jour à Lyon en 2015 avant que Nice et Bordeaux, plus récemment, ne rejoignent le train en marche. Les trois villes se sont associées pour lancer mercredi le réseau « territoires et vaccination ». L’objectif : œuvrer ensemble pour améliorer la couverture vaccinale en France. « Il ne s’agit pas de se substituer au ministère de la santé. L’idée est de mettre en place des déclinaisons locales des actions décidées au niveau national », précisent-elles. Et d’échanger sur les bonnes pratiques ou les expériences menées chacun chez soi.

« Notre pays, qui est celui de Pasteur, est très en retard dans ce domaine de la vaccination. C’est assez paradoxal », lâche en préambule Georges Képénékian, premier adjoint à la mairie de Lyon. Et de constater qu’il y a « une hésitation vaccinale ». « Malheureusement, cela peut avoir des conséquences potentielles sur la santé collective », estime-t-il.

Rappels oubliés et manque de confiance dans la vaccination

Si la vaccination DTP est en augmentation significative et va au-delà de 98 %, « la couverture est surtout mauvaise lorsqu’il s’agit d’adolescents », complète Anne-Sophie Ronnaux-Baron, porte-parole d’Immuniser Lyon, sans pour autant donner de statistiques. Les rappels oubliés ou « le manque de confiance et d’adhésion envers la vaccination » sont autant de raisons qui peuvent expliquer le retard constaté.

« On fait comme si le risque infectieux n’existait plus, comme certaines maladies telles la polio ou le tétanos ayant autrefois terrifié la population, avaient totalement disparu. Aujourd’hui, les gens ont tendance à banaliser le risque et développent des réticences à l’idée de se faire vacciner car ils n’en voient plus l’intérêt. Mais ils doivent avoir conscience que cela les protège et protège les autres aussi », appuie Franck Chauvin, président du Haut Conseil de santé Publique.

13.000 décès liés à la grippe en 2017

« 13.000 personnes sont décédées de la grippe en France l’an dernier. On ne peut pas dire que le vaccin n’a aucun intérêt », ajoute de son côté Bruno Lina, directeur du centre national de référence sur la grippe, se félicitant toutefois que cette année, les Français aient moins traîné des pieds pour se faire vacciner contre la grippe.

Selon les médecins, convaincre les plus réticents, passe avant tout par la pédagogie. A Lyon, par exemple, plus de 200.000 dépliants ont été distribués depuis trois ans dans les mairies et les établissements scolaires. Une campagne de communication spécifique a également été menée auprès des seniors.

A Nice, chaque mère de famille venant d’accoucher est informée. Un courrier a aussi été adressé aux personnes âgées. Signé de la main du maire. « Cela a plus d’impact », juge Christiane Amiel, conseillère municipale déléguée à la Santé. Et d’ajouter que le processus doit désormais faire « boule de neige ».

D’autres villes et départements ont fait savoir qu’elles aimeraient intégrer le réseau, à commencer par Toulouse, Montpellier, Nantes, Strasbourg, le Var et l’Ardèche.