Migraine: Une piste de recherche pour l'élaboration d'un traitement?

RECHERCHE Des chercheurs ont identifié une mutation génétique qui induit le dysfonctionnement d’une protéine normalement capable d’inhiber une activité électrique provoquant des crises migraineuses…

20 Minutes avec agences

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Des chercheurs ont identifié de nouveaux mécanismes à l'origine des crises migraineuses...
Des chercheurs ont identifié de nouveaux mécanismes à l'origine des crises migraineuses... — Jeremy Maude / Mood Boa/REX/SIPA

C’est une piste de recherche pour de nouveaux traitements de la migraine. Des chercheurs du CNRS, de l’université Côte d’Azur et de l’Inserm ont identifié une protéine dont le dysfonctionnement provoque des crises migraineuses, indique une étude publiée ce lundi dans la revue Neuron.

Il s’agit là d’une avancée significative. Si le caractère héréditaire des migraines est déjà connu, on n’en connaissait pas jusqu’à présent le mécanisme.

Une mutation génétique à l’origine du dysfonctionnement

Les crises migraineuses, qui touchent 15 % de la population adulte dans le monde, sont liées, entre autres, à l’hyperexcitabilité électrique des neurones sensoriels. Leur activité électrique est normalement contrôlée par des protéines génératrices de courant appelées canaux ioniques et notamment un canal (« TRESK »), qui a une fonction inhibitrice sur l’activité électrique.

Or, les chercheurs ont mis en évidence qu’une mutation génétique induit son dysfonctionnement. Ce canal, normalement capable d’inhiber l’activité électrique responsable de la crise migraineuse, se scinde sous l’effet de la mutation d’un gène en deux protéines. L’une est ainsi inactive tandis que l’autre, en ciblant d’autres canaux ioniques, stimule fortement l’activité électrique des neurones, provoquant la crise migraineuse.

« Une véritable avancée »

Pour prévenir le déclenchement de la migraine, l’idée est ainsi de cibler ces canaux ioniques afin de réduire l’activité électrique des neurones. « C’est une nouvelle cible potentielle pour des médicaments anti-migraineux », souligne le chercheur du CNRS Guillaume Sandoz. Un brevet a d’ailleurs été déposé et des premiers essais sur le rat doivent débuter en début d’année avec un laboratoire pharmaceutique.

« Trouver ce qui régule le mécanisme de la migraine et avoir une cible précise pour un éventuel traitement constituerait une véritable avancée », indique encore le scientifique. Car beaucoup d’antimigraineux actuels sont en réalité des médicaments conçus pour d’autres cibles, comme les anti-épileptiques ou les anti-dépresseurs.