Peur de votre médecin? Sept patients sur dix ont déjà menti à leur praticien

CONFIANCE Sept malades sur dix ne disent pas toute le vérité à leur docteur...

20 Minutes avec agence

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Illustration d'un médecin.
Illustration d'un médecin. — Pixabay

Adhésion à un protocole thérapeutique, pratique sportive, régime alimentaire… La crainte d’être réprimandé ou jugé pousse parfois les patients à cacher des choses à leur médecin. C’est la conclusion d’une étude réalisée sur quelque 4.500 personnes et publiée dans le JAMA Medical Education le 30 novembre.

Les patients, interrogés sur Internet, devaient indiquer s’ils avaient déjà « oublié » de dire la vérité à leur médecin dans sept catégories de sujets. La plupart des sondés ont avoué avoir volontairement caché des informations sur au moins un des sujets. Au total, sept patients sur dix ont déjà menti.

Les médecins inquiets

Ainsi, plus d’un tiers des personnes n’a pas montré son désaccord avec le praticien, un quart n’a pas osé dire qu’il ne comprenait pas les recommandations. Près d’un sur cinq n’a pas suivi correctement son traitement, et 11 % ont pris des médicaments prescrits à quelqu’un d’autre sans le dire.

« Si ces résultats sont généralisables, cela signifie que les médecins ne disposent pas de toutes les informations pertinentes, ce qui peut nuire à la qualité des soins », s’inquiètent les auteurs de l’étude. Une méconnaissance de la situation peut conduire le docteur à « avoir la mauvaise approche clinique », « prescrire des médicaments en surdosage » ou des « examens complémentaires inutiles », explique le Dr strasbourgeois Antoine Giacomini au Figaro.

Ces résultats sont peut-être le symptôme d’une perte de confiance des patients en leur médecin. Les sondés indiquent avoir eu peur de passer pour de « mauvais patients » ou qu’ils craignaient de faire perdre du temps à leur médecin, surtout dans les déserts médicaux. « Comme dans toute relation humaine, la confiance a besoin de temps pour se construire. Hélas, c’est précisément ce qui nous manque aujourd’hui », conclut le Dr Giacomini