Un produit de dialyse au citrate à l'origine de centaines de décès prématurés?

SCANDALE L’agence « s’étonne qu’aucun professionnel de santé n’ait songé » à la saisir plus tôt…

20 Minutes avec agences

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Illustration d'un hôpital.
Illustration d'un hôpital. — Pixabay

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a convoqué d’ urgence une réunion ce mercredi autour d’un produit de dialyse au citrate. L’annonce fait suite à l’alerte lancée par l’association Renaloo à propos de ce traitement.

« Des centaines de personnes dialysées pourraient avoir perdu la vie prématurément », rapporte Le Monde qui révélait l’alerte sanitaire ce mardi. C’est une étude du docteur Lucile Mercadal, présentée le 3 octobre à un congrès de néphrologie, qui a alerté les autorités. Ses travaux concluent que 40 % des personnes traitées avec ce liquide de dialyse présenteraient une surmortalité par rapport à celles traitées autrement.

Une « sous-déclaration » des effets indésirables des médicaments

Sur les 47.000 Français souffrant d’insuffisance rénale, 20 % sont traités avec ce produit au citrate mis sur le marché en 2012. L’étude n’a pas été publiée ni transmise à l’ANSM, qui « s’étonne qu’aucun professionnel de santé n’ait songé à saisir l’agence ». Finalement saisie ce mercredi par Renaloo, l’ANSM a convoqué « l’ensemble des parties prenantes » pour « engager une contre-expertise » et éventuellement réfléchir à un « plan d’action ».

« Les professionnels de santé ont obligation de prévenir les agences sanitaires de tout incident à risque élevé », souligne l’agence. Elle estime que cette alerte illustre la « sous-déclaration notoire des effets indésirables des produits » de la part des professionnels de santé et des industriels. Cette alerte intervient alors que l’enquête des « Implant files » pointe le défaut d’encadrement des dispositifs médicaux à l’échelle mondiale.