«Bébés OGM» : Un groupe d'étude sur la manipulation génétique mis en place par l'OMS

EXPERTS Un scientifique chinois a annoncé, la semaine dernière, la naissance de jumelles dont l’ADN a été modifié pour les rendre résistantes au virus du sida... 

20 Minutes avec AFP

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Une échographie d'un foetus, environ cinq mois après la conception
Une échographie d'un foetus, environ cinq mois après la conception — Didier Pallages AFP

Après la naissance controversée de jumelles génétiquement modifiées, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a annoncé, ce lundi, la mise en place d’un groupe d’étude sur la manipulation génétique.

La semaine dernière, un scientifique chinois, He Jiankui, a annoncé dans une vidéo diffusée sur YouTube la naissance de jumelles dont l’ADN a été modifié pour les rendre résistantes au virus du sida. Leur père est infecté par le VIH.  La condamnation a été générale dans la communauté scientifique chinoise et ailleurs dans le monde, et a suscité une dénonciation vigoureuse des autorités de Pékin, qui ont exigé la suspension des « activités scientifiques des personnes impliquées ».

Un groupe pour « répondre aux problèmes éthiques et de sécurité au sein de la société »

La manipulation génétique « ne peut avoir lieu sans des directives claires », a commenté le responsable de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. « L’OMS réunit des experts et nous travaillons avec les Etats membres (…) pour discuter des critères et des directives pouvant répondre aux problèmes éthiques et de sécurité au sein de la société », a ajouté l’ancien ministre éthiopien de la Santé.

Le groupe d’études de l’OMS est en voie d’être créé, a expliqué Tedros Adhanom Ghebreyesus, sans présenter toutefois cette initiative comme une réponse directe à l’expérimentation chinoise. Le responsable de l’OMS a refusé également d’envisager que certaines manipulations de gènes puissent à l’avenir présenter des avantages en matière de santé publique.

« Nous devons être très, très prudents »

Les membres du groupe d’études « peuvent commencer leurs travaux en se posant cette simple question : "devons-nous même aborder cela"», a poursuivi Tedros Adhanom Ghebreyesus, selon lequel le groupe d’études avait devant lui une « feuille blanche ».

« Nous devons être très, très prudents. (…) Nous ne devons pas nous engager dans la manipulation génétique sans tenir compte des conséquences non voulues », a encore dit le responsable. Le groupe d’études, a-t-il indiqué, comprendra des universitaires, des experts de l’OMS et des spécialistes médicaux gouvernementaux.