VIDEO. Après son cancer, Bernard Tapie dresse le portrait élogieux des médecins au 20 Heures

GRATITUDE L’ancien député propose notamment de réquisitionner les chômeurs pour pallier le manque d’effectif dans les hôpitaux…

Manon Aublanc

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Bernard Tapie lors d'une conférence de presse à «La Provence» en 2014
Bernard Tapie lors d'une conférence de presse à «La Provence» en 2014 — Claude Paris/AP/SIPA

Après son combat contre son cancer de l’estomac et de l’œsophage, Bernard Tapie, invité du 20 Heures de France 2 ce jeudi, s’est exprimé sur la maladie et les médecins qui l’ont accompagné et soigné. Un combat qui l’a amené à devenir parrain de la promotion de la faculté de médecine de Nice (Alpes-Maritimes), mais aussi à tenter de trouver des solutions face au manque d’effectifs « épouvantable » et à la pénurie de médicaments.

« Personne ne peut se rendre compte à quel point on leur est redevable. Ce sont des gens qui consacrent vraiment toute leur vie à ça, c’est même pas un métier, c’est un sacerdoce », explique Bernard Tapie pour qui les médecins manquent parfois de reconnaissance : « Des fois, ils travaillent dans des conditions pas faciles, avec des sous-effectifs. Je les ai admirés. Ils donnent la vie, ils nous accompagnent tout au long de notre existence et ils méritent franchement un peu plus de considération qu’ils n’en ont. »

Améliorer la relation entre médecin et patients

Si l’ancien patron de l’OM dresse un portrait élogieux des médecins qui l’ont soigné, il pointe du doigt les défaillances du système médical français : « Quand on voit 4 heures d’attente en moyenne dans les services d’urgence, une infirmière ou un aide-soignant qui soit là pour toute la nuit pour cinq étages, ça laisse supposer que quand vous appuyez sur la sonnette car vous avez une détresse ou une peur, ça répond pas toujours. Et ça, c’est pas possible », s’est alerté Bernard Tapie.

Pour l’ancien ministre de François Mitterrand, les médecins doivent surtout parler davantage aux patients, notamment sur le combat de la maladie : « On a besoin que le médecin nous raconte, non pas ce qu’on a, mais ne serait-ce que pour nous motiver. Pour nous dire "voilà, c’est un combat, à partir d’aujourd’hui, c’est vous ou lui qui gagne" (…) Il faut qu’ils nous aident à avoir cette volonté de se battre. (…) Moi j’ai vu des défaillances de ce côté-là et je leur ai dit. »

Réquisitionner les chômeurs pour pallier le manque d’effectif

Et l’homme d’affaires a décidé de s’occuper du problème. Sur le plateau d’Anne-Sophie Lapix, Bernard Tapie a annoncé travailler, avec des professeurs, sur l’arrivée de « sous aides-soignants » au sein des hôpitaux. L’ancien député propose de réquisitionner les chômeurs : « On est en train de travailler pour pouvoir élaborer l’arriver de nouveaux 'sous-aides soignants' pour pouvoir donner un coup de main ou une présence », a-t-il expliqué.

« Si vous prenez un chômeur, qui est payé pour être chômeur, qui perd le sens de ses responsabilités, qui perd le sens de l’utilité (…) il a le sentiment d’être inutile. Là, il va être utile ». Une proposition qu’il déposera dans « moins de deux mois », a-t-il ajouté.

Mettre « les plus riches de France » à contribution

L’ancien patron du club de foot de Marseille s’est également exprimé sur la pénurie de médicaments en France : « 920 % de nos médicaments viennent ou de Chine ou d’Inde. Est-ce que nos responsables sont conscients de ça ? », s’est-il interrogé. « Faut simplement que les plus riches de France, et j’en connais beaucoup, acceptent d’aider en faisant un vrai laboratoire pour les faire (les médicaments) à prix coûtant », a proposé Bernard Tapie avant de citer Bernard Arnault, Vincent Bolloré, Xavier Niel.

Interrogé sur les « gilets jaunes », l’homme d’affaires estime que le mouvement est « formidable » : « Ils gueulent, ils ont raison, ils bloquent, ils ont raison, ils manifestent, ils ont raison, mais de grâce, qu’il n’y ait pas d’incidents, qu’il n’y ait pas de morts, ça ternirait complètement leur action qui est formidable ». « La plus grande inégalité, elle est inimaginable, c’est 8 ans d’écart de vie entre un prolo et un cadre supérieur », a-t-il conclu.