Déçus par le plan santé du gouvernement, les infirmiers se mobilisent ce mardi

BLOUSE BLANCHE Une vingtaine de rassemblements sont prévus à partir de 14 heures partout en France...

20 Minutes avec AFP

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Un infirmier porte sa colère sur son uniforme, le 3 juillet dernier au Havre.
Un infirmier porte sa colère sur son uniforme, le 3 juillet dernier au Havre. — CHARLY TRIBALLEAU / AFP

La colère des blouses blanches. Grands «oubliés» du plan santé, les infirmières et infirmiers sont appelés à cesser le travail et à manifester partout en France ce mardi. Les 16 organisations qui appellent à la mobilisation dénoncent le « mépris » du gouvernement, accusé d’avoir cédé au « lobby » des médecins.

Qu’ils soient libéraux, salariés de l’hôpital, qu’ils exercent dans les écoles ou dans les blocs opératoires, les infirmiers - des femmes à plus de 80 % - partagent tous un « même sentiment », celui « d’une profession laissée pour compte », a résumé lundi le vice-président de la FNI (libéraux), Daniel Guillerm, lors d’un point presse.

Des mesures « autour des médecins »

Une vingtaine de rassemblements sont prévus à partir de 14 h partout en France, notamment devant les préfectures, et à Paris, devant le ministère de la Santé, pour réclamer la « reconnaissance » de la profession, de meilleures rémunérations, plus d’autonomie ou encore un renforcement des effectifs dans les établissements.

La mobilisation, annoncée depuis octobre et soutenue par l’Ordre des infirmiers, « n’a rien à voir » avec celle des « gilets jaunes » même si « certaines revendications » sont « peut-être » partagées, a tenu à préciser Daniel Guillerm. La raison de leur colère, c’est la déception née de la présentation du plan santé en septembre par le président Emmanuel Macron. Un catalogue de mesures « décidées autour des seuls médecins », a dénoncé Daniel Guillerm.

Augmenter les actes des infirmières

En particulier, la création de 4.000 postes d'« assistants médicaux », à mi-chemin entre la secrétaire et l’aide-soignante, « a mis le feu aux poudres », a rappelé son homologue du Sniil (libéraux), John Pinte.

Pourquoi créer un nouveau métier au lieu de s’appuyer sur les quelque 660.000 infirmières existantes ? Pourquoi « payer des secrétaires aux médecins sur le dos de l’assurance maladie », pour un total de 200 millions d’euros par an, au lieu de créer des postes en maison de retraite ou d’augmenter actes et salaires des infirmières, a demandé Daniel Guillerm.

La dernière grande mobilisation nationale des infirmiers date de novembre 2016. Les grandes centrales syndicales comme FO ou la CGT, représentatives dans les établissements de santé, avaient également appelé à la grève, ce qui n’est pas le cas ce mardi.