Don du sang: L'ouverture aux homosexuels n'a pas augmenté le risque de transmission du VIH

CONTAMINATION Entre 2015 et 2017, le risque d’un « don potentiellement infecté par le VIH » était de 1 sur 5,2 millions, un chiffre qui n’a pas évolué…

20 Minutes avec AFP

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Paris le 28 juin 2012. Un journaliste de 20 minutes a teste le don du sang a l'hopital Saint Louis. Illustration seringue, aiguille, don de sang. Sante.
Paris le 28 juin 2012. Un journaliste de 20 minutes a teste le don du sang a l'hopital Saint Louis. Illustration seringue, aiguille, don de sang. Sante. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Selon une enquête publiée, ce mercredi, par l'agence sanitaire Santé publique France, l’ouverture, en juillet 2016, du don du sang aux homosexuels​ n’a pas augmenté le risque de transmission du virus du sida par transfusion, qui reste « très faible en France ».

Entre 2015 et 2017, le risque d’un « don potentiellement infecté par le VIH et non détecté comme tel tous les deux ans » était de 1 sur 5,2 millions, un chiffre qui n’a pas évolué depuis l’ouverture du don du sang aux homosexuels. L’enquête, qui porte sur près de 110.000 donneurs, a été réalisée en vue « de considérer une ouverture plus large du don de sang » aux hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes (HSH), explique l’agence sanitaire.

La durée d’abstinence trop longue ?

L’ouverture du don du sang envers ces hommes s'est accompagnée d'une restriction : ils ne doivent pas avoir eu de rapport sexuel entre hommes dans les 12 derniers mois précédant le don. L’enquête montre que cette condition n’est pas toujours respectée, mais suggère qu’elle pourrait l’être si la durée d’abstinence était raccourcie. Parmi les donneurs hommes, 0,73 % ont déclaré avoir eu des rapports sexuels entre hommes au cours des 12 derniers mois sans l’avoir indiqué avant le don, selon cette enquête baptisée Complidon.

Mais cette proportion baisse à 0,56 % si on examine les quatre mois précédant leur don. En outre, parmi les hommes qui ont eu des rapports sexuels entre hommes au cours des 12 derniers mois, un sur deux (46 %) assure qu’il l’aurait signalé lors de l’entretien pré-don si la durée d’abstinence avait été plus courte. Même s’il ne s’agit que de déclarations d’intention, cela suggère que ce fameux critère d’abstinence pourrait être davantage respecté si la durée était raccourcie, estime l’agence sanitaire.

Un manque de confidentialité

« À la suite de données similaires, en novembre 2017, le Royaume-Uni a autorisé les HSH à donner leur sang à condition qu’ils n’aient pas eu de rapports sexuels entre hommes dans les trois mois précédant le don », souligne-t-elle. En ce qui concerne l’enquête française, les hommes qui admettent avoir eu des relations sexuelles avec des hommes dans les 12 mois précédant leur dernier don, ont le plus souvent moins de 30 ans et travaillent plus fréquemment dans le domaine de la santé.

Ils se plaignent du manque de confidentialité de l'entretien voire aussi du questionnaire et plus de la moitié (58 %) refusent qu’il y ait des différences selon l’orientation sexuelle. D’autres motifs sont évoqués pour n’avoir pas tout dit avant le don : 41 % utilisent systématiquement un préservatif. 22% ont le même partenaire depuis au moins 12 mois et 11 % n’ont eu qu’un seul rapport avec un homme au cours des douze derniers mois précédant le don.