«Ils sont précieux, utilisons-les mieux»... La nouvelle campagne contre la résistance aux antibiotiques

MEDECINE Le gouvernement va investir 40 millions d'euros dans la recherche d'antibiotiques plus efficaces pour lutter contre la résistance de plus en plus en Français...

L.Br.

— 

Illustration de pilules et de médicaments (image d'ilustration).
Illustration de pilules et de médicaments (image d'ilustration). — PHILIPPE HUGUEN / AFP

« Les antibiotiques, c’est pas automatique. » Qui ne se souvient pas de cette phrase diffusée dans tous les médias en 2002. Presque vingt ans plus tard, l’augmentation de la résistance aux antibiotiques pousse le gouvernement à lancer un nouveau plan de lutte, illustré par un autre slogan : « Ils sont précieux, utilisons-les mieux. »

La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Frédérique Vidal devrait d'ailleurs annoncer ce mercredi un investissement de 40 millions d’euros dans la recherche sur de nouveaux antibiotiques pour lutter contre l’antibiorésistance, d’après Franceinfo.

Apparues il y a 80 ans, ces molécules ont soigné des millions de personnes. Mais à cause d’une surconsommation de ces médicaments, les bactéries sont devenues plus résistantes. Ainsi, les antibiotiques pourraient échouer à soigner 2,4 millions de personnes d’ici 2050 dans les pays de l’OCDE.

Même chez les gens qui n’ont jamais pris d’antibiotiques

Pour certaines médecins, il y a urgence. La France est le quatrième pays le plus accro à ces médicaments, rappelle Le Parisien. « Ces antibiotiques fonctionnaient il y a trente ans. Aujourd’hui, on n’a plus d’idées. Donc on essaye des cocktails antibiotiques, tout à fait en dehors des normes, en dehors de ce qui a été prouvé, pour tenter d’améliorer les choses », détaille le bactériologiste Etienne Ruppé à nos confrères de Franceinfo. « Il y a un réservoir de bactéries, même chez les gens qui ne sont pas allés à l’hôpital, qui n’ont pas pris d’antibiotiques et qui n’ont pas voyagé », précise-t-il.

Les chercheurs se lancent donc dans une longue course pour découvrir la nouvelle molécule, qui sera plus efficace. Un projet qui coûte des millions voire des milliards d’euros.