Bébés nés sans bras: «Je lui dis quoi à mon enfant?». Des familles interpellent les autorités

MALFORMATION Quatre cas ont été recensés dans cette commune du Morbihan...

J.G. avec AFP

— 

Isabelle Taymans-Grassin, médecin généraliste et mère d'une fillette née sans main en 2012.
Isabelle Taymans-Grassin, médecin généraliste et mère d'une fillette née sans main en 2012. — Fred Tanneau / AFP
  • Une réunion publique était organisée mardi soir à Guidel dans le Morbihan sur l’enquête autour des bébés nés sans bras.
  • Quatre cas ont été recensés dans cette commune située près de Lorient.
  • D’autres parents habitant à quelques kilomètres de Guidel ont évoqué des cas de malformations au cours de la réunion.

Pourquoi quatre enfants sont nés sans bras entre 2011 et 2013 à Guidel, près de Lorient (Morbihan) ? C’est la question que se posent tous les habitants de cette commune de 11.807 habitants. Pour faire le point sur la situation, une réunion publique était organisée mardi soir en présence des autorités sanitaires et des familles concernées.

Reçues dans un premier temps à huis clos par l’agence Santé Publique France, ces dernières ont d’abord salué la volonté des autorités sanitaires « d’approfondir les recherches » sur ces cas de malformations rares. « On a l’impression qu’il y a une volonté d’aller plus loin dans ce qui a été fait jusqu’à présent », a déclaré Isabelle Taymans-Grassin, médecin généraliste et mère d’une fillette née sans main en 2012. La semaine dernière, elle avait fustigé l'enquête « pas très poussée » de Santé Publique France, publiée le 4 octobre sur le sujet.

Des cas oubliés près de Guidel ?

La deuxième réunion, publique cette fois, a été plus houleuse. « Rien ne vous sera caché », a assuré François Bourdillon, directeur général de l’agence Santé publique France en ouverture de séance. « La Bretagne se situe dans la moyenne nationale », a-t-il voulu rassurer, précisant qu’aucun nouveau cas n’avait été signalé à Guidel depuis 2013. Plusieurs familles ayant vécu à Guidel ou domiciliées non loin de là se sont alors manifestées au cours de la réunion, témoignant de leur inquiétude de ne pas avoir été répertoriées par les autorités sanitaires.

« On a été complètement oubliés, on ne parle pas de nous. On ne nous a jamais posés de questions. On est juste aux alentours et on n’en parle pas », a lancé Aurélie Bingler, mère de Lola, née en 2011 avec un bras malformé, qui habite à 20 km de Guidel. « Quand ma petite-fille pose une question, je lui explique quoi, je lui dis quoi ? Personne ne s’occupe d’elle. Nous, on est un peu perdus », a demandé le grand-père d’une fillette de 3 ans atteinte de malformation.

« Les investigations seront difficiles et complexes »

Les réponses, parfois très techniques, des médecins ont souvent laissé les parents à leurs interrogations. « Il serait intéressant qu’à la souffrance des parents ne s’ajoute pas la frustration », a interpellé un homme au micro.

Face au nombre de parents signalant des cas de malformations proches de Guidel, François Bourdillon a reconnu qu’il fallait « peut-être qu’on mène des investigations plus larges géographiquement, sur la question des bassins de vie, peut-être sur la région Bretagne, pour essayer de trouver des investigations ». « Le temps sera probablement long, les investigations difficiles et complexes », a-t-il affirmé.